Tunisie: Prière collective, enterrement des défunts... .Quand le coronavirus bouleverse tout, même les rites religieux

25 Mars 2020

L'appel à la prière provenant des minarets des mosquées a comme perdu son goût. Les portes des maisons de Dieu se ferment inhabituellement en raison de la pandémie qui sévit. Même nos morts sont privés de prières dans certains cas. A la douleur de la séparation, s'ajoute celle de la solitude pour les familles en deuil. Le coronavirus a tout chamboulé, mais alors vraiment tout.

Du jamais vu en Tunisie et dans la majorité des pays musulmans, le coronavirus a acculé les décideurs au plus haut sommet de l'Etat à franchir le Rubicon. Les mosquées sont vides et les cinq prières en groupe interdites.

Idem pour le prêche de vendredi. A la douloureuse épreuve du deuil suite à la mort d'un proche, vient s'ajouter une seconde douleur encore plus pénible à souffrir, celle d'un enterrement pas comme les autres en raison des mesures prises récemment dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, dont l'interdiction de rassemblement et l'instauration du couvre feu.

Mais le plus pénible, c'est le décès d'une personne au temps du coronavirus. Les rites qui se déclinent en plusieurs étapes ne sont plus de tout repos pour la famille du défunt . Que dire en cas de contamination. C'est comme si le Covid-19 est venu jeter l'opprobre sur ces morts. Les liens de la solidarité sont soudainement brisés et l'instinct de la survie prend le dessus sur la compassion. Même la commémoration du décès (El-Fark) n'est plus prise en compte.

L'Etat d'urgence sanitaire est venu bouleverser les rites religieux. Les temps sont durs pour ceux ont pris l'habitude de prendre quotidiennement le chemin des mosquées.

Les imams ont beau expliquer que les mesures prises par l'Etat en vue de limiter la propagation du coronavirus, ne sont pas contradictoires avec les préceptes de l'Islam mais il y a toujours une catégorie de gens qui refusent de s'y plier et se regroupent dans les maisons pour prier ensemble sans prendre compte de la gravité de la situation.

Mais le plus pénible, c'est le décès d'une personne au temps du coronavirus. Les rites qui se déclinent en plusieurs étapes ne sont plus de tout repos pour la famille du défunt . Que dire en cas de contamination. C'est comme si le Covid-19 est venu jeter l'opprobre sur ces morts.

Les liens de la solidarité sont soudainement brisés et l'instinct de la survie prend le dessus sur la compassion. Même la commémoration du décès (El-Fark) n'est plus prise en compte.

Les témoignages de plusieurs imams contactés à cet effet soutiennent les mesures prises inhérentes à la fermeture des mosquées et les précautions à prendre dans les cas de décès.

La toilette purificatrice remise en question

Seul, face à la mort au temps du coronavirus. Ce n'est pas d'une fiction qu'il s'agit mais bien d'une consternante réalité.

Que faire pour la toilette purificatrice et la prière sur le mort en ces temps de pandémie où le coronavirus est à l'affût de l'homo sapiens, se balade à sa guise d'une personne à une autre et sème la mort là où il passe.

L'imam de la prêche de vendredi à la mosquée de la Goulette Casino (banlieue nord de Tunis) est bien clair là-dessus. Pour ce qui est de la toilette purificatrice d'une personne décédée suite à une contamination par ce virus, les Foukahaa (les savants en Islam) évoquent deux possibilités.

La première consiste à éviter cette toilette car le décédé est considéré comme martyr. La seconde alternative offre la possibilité de procéder à la toilette tout en prenant les mesures de prévention qui s'imposent sur le plan sanitaire.

Pour ce qui est de la prière sur le mort (prière d'El Janaza) il est conseillé de limiter le nombre à une seule personne ou deux avec le défunt, que ce soit dans le cas d'une personne contaminée ou non.

«Pour clore la question je dirai qu'il faut se prémunir contre la contamination, c'est la règle à appliquer dans ces cas de figure ».

La première victime du coronavirus a été enterrée ce mois sous des conditions sanitaires très strictes au cimetière Borj Erras à Mahdia et en présence d'un seul membre de sa famille.

Il s'agit d'une septuagénaire de retour de Turquie. Elle n'a pas eu droit à une prière en raison de ce maudit virus qui a tout bouleversé même les rites religieux.

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