Burkina Faso: Fermeture des marchés et yaars à Ouaga - Le pays à l'épreuve de la discipline collective

De mémoire de Burkinabè, on n'avait jamais vu ça, sauf dans le cas de force majeure qu'a été l'incendie de Rood-Woko, le grand marché de Ouagadougou, il y a 17 ans.

Aujourd'hui, c'est pour juguler la propagation du covid-19 que la décision de fermeture des grands marchés et yaars jusqu'au 20 avril a été prise en haut lieu. Selon une liste provisoire, 36 « grands marchés » sur les 85 que compte la capitale sont concernés par cette mesure ; une décision historique qui, parmi tant d'autres, traduit la gravité de la situation : il y a eu la fermeture des établissements scolaires et universitaires, l'interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes, la fermeture des lieux de culte sans compter l'instauration d'un couvre-feu de 19 h à 5 h du matin. Mais il faut bien reconnaître que, vu la progression exponentielle de la maladie, aucune mesure ne sera de trop pourvu qu'elle contribue à enrayer la progression de la maladie.

Avec la fermeture des marchés, le Burkina vient de franchir un cap dans sa lutte contre le covid-19. La décision, certes, va créer des pertes aux commerçants contraints de baisser le rideau pendant de longues semaines ; et des difficultés d'approvisionnement aux ménages, surtout les plus pauvres. Mais face à la gravité de la situation, aucune mesure ne sera de trop.

Seulement, une chose est de décréter la fermeture des 36 plus grands marchés de la capitale, une autre est de faire en sorte que la mesure soit suivie d'effets. Cela mérite d'être relevé d'autant qu'on sait que l'Etat a de moins en moins d'autorité et que l'incivisme a été érigé en véritable sport national. Il faut aussi espérer que certains esprits malins ne déplaceront pas le problème en transférant l'activité des grands marchés dans les yaars ou en créant des marchés «sauvages». Espérons qu'en prenant ces décisions, nos gouvernants se sont sûrement donné les moyens de les faire respecter, car le moindre relâchement pourrait avoir des conséquences terribles.

Alors après la fermeture des marchés, quelle sera la prochaine étape ? Autrement dit, au regard de l'évolution de la situation, le gouvernement sera-t-il contraint de prendre la mesure la plus drastique qui soit, à savoir le confinement pur et simple de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, comme le préconise le Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (Corus) ? La décision finale revient à l'exécutif, pour ne pas dire à la présidence du Faso.

C'est peu de dire que Roch est devant un choix cornélien, lui qui va devoir peser le pour et le contre et surtout anticiper les effets de la moindre de ses ordonnances, d'autant qu'on sait qu'au-delà de la crise sanitaire, c'est une crise économique qui se profile à l'horizon et qui pourrait, croisons les doigts, déboucher sur des remous sociaux.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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