Burkina Faso: Suspension des cours - «Abbé Pierre» en mode leçons sur WhatsApp

Pris de court par la situation sanitaire difficile qui a occasionné la fermeture des établissements, les enseignants du Lycée privé technique Abbé Pierre offrent des cours par le réseau social WhatsApp. Pour toucher le plus grand nombre d'élèves en classe d'examen, des groupes WhatsApp appelés SOS SCHOOL ont été créés selon les matières à enseigner. Et pour une efficacité de la démarche, leurs membres sont invités à éviter le langage SMS et les publications peu catholiques.

Devant l'incertitude d'un retour à la normal, à court terme en matière scolaire le lycée privé technique Abbé Pierre tente de s'adapter à la nouvelle donne en dispensant, via la plateforme WhatsApp, des cours à ses élèves en classe d'examen.Si ce mode d'enseignement à distance existait il y a deux ans, il ne concernait que les seuls apprenants des filières techniques. Mais à situation exceptionnelle mesure exceptionnelle. Ainsi, la mesure a été élargie à tous les élèves en classe d'examen.

«Depuis deux ans, les professeurs de l'enseignement technique ont initié les cours au profit des candidats aux examens. Avec la crise sanitaire consécutive au coronavirus, les professeurs, de concert avec la direction de l'établissement, ont étendu les cours virtuels à tous les élèves en classe d'examen», a expliqué Fernand Bayala, professeur de français. Il est aussi l'un des initiateurs des groupes WhatsApp dénommés SOS SCHOOL, qui regroupent professeurs et instituteurs en fonction des matières enseignées.

Avec la fermeture des écoles depuis le 16 mars, la volonté des responsables du lycée privé d'enseignement technique et général est d'occuper utilement, de 7 heures à 22 heures, certains de ses pensionnaires à travers des exercices, des cours, des explications et des travaux dirigés. Tout se passe à peu près comme si les élèves suivaient les cours en présentiel. Les exercices sont donnés aux élèves avec un deadline de remise des copies. Après composition, ils envoient les copies sur la plateforme. Après avoir fait parler le fameux stylo rouge, l'enseignant poste les copies et les corrigés dans le groupe dédié. Bref, le processus d'un cours normal est suivi.

L'idée d'encadrer les apprenants en cette période de fermeture des écoles à cause du COVID-19 a séduit des parents d'élèves de sorte que certains n'ont pas hésité à acheter des smartphones à leur progéniture afin de leur permettre d'étudier à distance. «Les parents d'élèves sont ravis de cette innovation, nous confie Fernand Bayala, professeur de français au lycée privé technique Abbé Pierre.

Tout est mis en œuvre afin d'éviter certains écarts dans les publications. «Il y a aussi un autre groupe constitué des professeurs et des membres de l'administration. Ils évaluent le travail rendu par les élèves. Hebdomadairement, on en rend compte à la directrice générale. En plus, il y a un groupe des parents d'élèves et des membres de l'administration. Ils jugent de la manière dont les professeures et élèves se comportent dans les groupes. Ils s'assurent qu'il n'y a pas d'écart de conduite, que tous les exercices ne sont pas en déphasage avec le règlement intérieur de l'établissement et veillent au respect de la charte qui encadre les groupes», a expliqué Fernand Bayala.

En plus de ces mesures pour favoriser une saine interaction, le langage SMS, très prisé des jeunes utilisateurs des réseaux sociaux, n'est pas admis. Le sociolecte, les entorses à la langue françaises, les publications obscènes, peu catholiques sont déconseillés, sous peine pour tout contrevenant de se faire expulser. «Dans notre charte, nous avons dit aux membres d'éviter les abréviations. En outre, un soin particulier est accordé au respect des règles de la langue française dans les publications», a précisé le professeur de français. Avec cette période de temps mort causé par le virus, la démarche de l'établissement, fait tache... d'encre auprès des élèves d'autres établissements si bien que ceux-ci souhaitent intégrer SOS SCHOOL.

Plus de: L'Observateur Paalga

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