Tunisie: Coronavirus / Lacunes révélées dans notre système hôspitalier - Les hôpitaux dans la tourmente

26 Mars 2020

Les gouvernorats du Grand Tunis (Ariana, Tunis, La Mannouba et Ben Arous) détiennent à eux seuls le triste record du grand nombre de cas de contamination par le coronavirus, d'où la décision prise de consacrer l'hôpital Abderrahman Mami de pneumo-phtisiologie de l'Ariana aux personnes contaminées. Les patients de cet hôpital seront transférés vers d'autres hôpitaux, à savoir la Rabta, Charles-Nicolle à Tunis, et Mongi Slim à la Marsa (banlieue nord de Tunis).

La propagation exponentielle du coronavirus dans notre pays, comme partout dans le monde, a révélé de grandes failles au niveau du système de santé et une incapacité à faire face à la gravité de la situation. Ceci n'a pas empêché l'Etat de prendre les mesures nécessaires pour endiguer la pandémie et tenter de limiter les dégâts, en dépit de la précarité des infrastructures hospitalières. Le grand problème auquel on fait face aujourd'hui est que la majorité de nos hôpitaux ne sont pas en mesure de faire face à cette situation de crise d'une ampleur jamais vue.

Des services réservés uniquement aux contaminés

Les gouvernorats du Grand Tunis (Ariana, Tunis, Mannouba et Ben Arous) détiennent à eux seuls le triste record du grand nombre de cas de contamination par le coronavirus, d'où la décision prise de consacrer l'hôpital Abderrahman Mami de pneumo-phtisiologie de l'Ariana aux personnes contaminées. Les patients de cet hôpital seront transférés vers d'autres hôpitaux, à savoir la Rabta, Charles-Nicolle à Tunis, et Mongi Slim à la Marsa (banlieue nord de Tunis). C'est Samira Marai, ancienne ministre de la Santé, qui a été derrière la proposition de réserver exclusivement l'hôpital en question au traitement et l'accueil des personnes contaminées. Les services seront organisés selon le degré de gravité des cas qui se présenteront, nous a souligné une source relevant du ministère de la Santé.

L'hôpital Abderrahman Mami dispose de plusieurs services de pneumo, d'un service qualifié de réanimation médicale spéciale pour les cas de pathologie pulmonaire. Il est doté aussi d'une infrastructure adéquate comme les lits de réanimation et d'autres services disposant d'équipements appropriés pour les situations de détresse respiratoire en rapport avec la pathologie des poumons, ajoute la même source.

Les efforts du ministère de la Santé sont concentrés actuellement sur la mise en place dans les hôpitaux des services réservés uniquement aux personnes testées positives au covid-19 en raison de l'évolution rapide du nombre des contaminés dans le pays. Le personnel médical et paramédical relevant de ces services sera hébergé, dans certaines régions, dans d'autres lieux pour éviter la contamination en cas de retour au foyer, comme c'est le cas à Nabeul où les maisons de jeunes (Nabeul et Hammamet) ont été réquisitionnées pour cette cause.

Sans armes sur le front de la guerre !

Des médecins et des urgentistes dans les hôpitaux ont déjà sonné l'alerte et pointé du doigt le manque de matériel de protection mis à la disposition du médical et paramédical pour pouvoir faire face à cette situation de crise. «Comme nous manquons de masques de protection médicale et de gel, il fallait se débrouiller et se procurer les moyens de prévention avec son propre argent », ont témoigné plus d'un médecin relevant de La Rabta et de Habib-Thameur à Tunis. « Nous accueillons des malades tous les jours aux urgences et le risque d'être contaminé demeure élevé » pour le personnel de la première ligne, ce qui inquiète le plus. C'est comme on nous a envoyés à une guerre, démunis d'armes ».

Il va sans dire que d'autres hôpitaux n'étaient pas du tout prêts à faire face à la situation de crise, comme ce fut le cas à l'hôpital Habib-Bourguiba à Sfax où deux personnes en situation de détresse respiratoire, présentant les symptômes de contamination par le coronavirus, se sont présentées au service des urgences mais n'ont pu être traitées dans de bonnes conditions pour les raisons que tout le monde connait.

Le staff médical et paramédical sur place a beau contacter les responsables de la santé mais personne ne répond. « On ne peut pas faire passer la bouteille d'oxygène par la fenêtre pour le patient puisque les portes sont condamnées », regrette une infirmière dans la vidéo ! Aucune unité de crise n'a été mise en place depuis la propagation du virus, fait-elle savoir.

Une situation préoccupante qui reflète un total désarroi et ne présage rien de bon pour les jours à venir quand on sait que cinq cas de contamination ont été déjà confirmés à Sfax. Les soldats de la première ligne sont là, dans les hôpitaux, les responsables sont aux abonnés absents. C'est ce qui semble se dégager des déclarations du staff relevant de l'hôpital Habib- Bourguiba à Sfax.

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