Sénégal: Matam/Etat d'urgence et couvre-feu - L'extrême porosité des frontières régionales pose problème

Les populations ont entamé, mardi, l'état d'urgence décrété par le président de la République, Macky Sall, une situation qu'ils n'avaient plus vécue depuis le conflit sénégalo-mauritanien de 1989.

Face à cette mesure assortie d'un couvre-feu dans le but d'éradiquer la maladie à coronavirus, « le bilan de cette première nuit est plutôt positif sur l'étendue de la région, puisque le couvre-feu a été globalement respecté », ont fait savoir certains officiels des forces de l'ordre.

Précisant en effet que « les patrouilles sur le terrain ont eu à interpeller quelques personnes, en grande majorité des jeunes qui, en raison de problèmes de compréhension de la réglementation en cours, n'avaient pas intégré les dispositions du couvre-feu ».

Suite au décret de l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire national dans la guerre déclarée contre le Coronavirus, plusieurs décisions ont été prises au plan régional par le Gouverneur à la suite de discussions avec le comité de sécurité. Parmi celles-ci, la suspension du transport interurbain pour une durée de douze jours, une mesure qui, de l'avis du chef de l'exécutif régional, fait l'objet d'une « application très rigoureuse dans la région ».

Avant que l'annonce du chef de l'Etat ne soit effective, la région de Matam a accueilli cependant un grand lot de voyageurs venant des autres régions du Sénégal qui sont passés par les voies officielles des postes de contrôle qui avaient quelque peu anticipé sur les contrôles. Malgré la détermination des forces de l'ordre pour que les déplacements interurbains ne soient plus une menace, le risque zéro reste une étape à satisfaire car l'extrême porosité des frontières régionales demeure une équation à plusieurs inconnues. Des individus isolés rallient les agglomérations sans passer par les voies autorisées avant de se fondre dans les communautés.

Pour dire que le danger est loin d'être écarté en ce qui concerne les déplacements d'une région à une autre. Au moment où nous écrivons ces lignes, des sources dignes de foi nous ont informé « qu'une soixantaine de voyageurs auraient été arrêtés dans la commune de Ranérou depuis la nuit du 24 mars, après avoir bravé l'interdiction de se déplacer entre les circonscriptions du pays et refusé de rebrousser chemin». Une entorse énergiquement décriée par certains observateurs avertis du comité de sécurité qui en appellent à « une coopération régionale plus soutenue pour renforcer le contrôle des mouvements de biens et de personnes ».

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Plus de: Sud Quotidien

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