Congo-Kinshasa: Pratiques funéraires - Les Kinois ont difficile à appliquer les nouvelles dispositions

L'escale de la dépouille mortelle à la résidence du défunt avant la nécropole, la limitation de nombres des personnes à la morgue et au cimetière, etc. sont des faits à la base des discussions au sein des familles éprouvées pendant cette période où le pays lutte contre la pandémie de coronavirus.

Les mesures édictées par le chef de l'Etat en rapport avec la lutte contre la pandémie de coronavirus régulent également l'organisation des obsèques sur toute l'étendue du territoire nationale. Ces dites mesures ont, en effet, interdit l'organisation des obsèques dans des salles et autres espaces aménagés à la cité, étant donné que le rassemblement de plus de vingt personnes avait été prohibé. Mais également, les dépouilles mortelles ne devraient plus arriver au domicile familial, de telle sorte qu'après la levée de corps de la morgue, l'on passe directement à la nécropole, pour l'enterrement. Et pour le cimetière, le nombre de personnes à s'y rendre avait également été très limité.

Depuis la prise de ces décisions par le président de la République, des familles éprouvées enfreignent toujours ces règles de telle sorte que déjà au niveau des domiciles familiaux, on assiste, chaque soir, depuis la survenue du décès jusqu'au jour de l'enterrement, aux rassemblements de plus de vingt personnes.

Dans les morgues, bien qu'il soit interdit des réunions d'un grand nombre de personnes, tout le monde, en commençant par les membres des familles éplorées, les amis et connaissances, veut aller assister ou participer à la levée de corps des défunts. Ce qui fait qu'il est difficile pour l'organisateur des obsèques de limiter le nombre de personnes à accompagner la famille à la morgue.

Un dernier tour à la résidence

Après la morgue, le cortège ne s'évite pas de faire faire au défunt un dernier tour à sa résidence, question de dire adieu à la famille ainsi qu'aux amis et connaissances rassemblés. Et, ici, on est également dans l'impossibilité de limiter le nombre de participants. Ce qui fait que l'on y trouve souvent une foule compacte. Sauf que la dépouille du défunt reste toujours dans le corbillard pendant le court temps de recueillement, avant de piquer droit vers le cimetière.

A cette étape également, il y a des personnes qui ont manqué d'assister à la levée de corps de la morgue, qui voudrait accompagner le corps jusqu'à son lieu de repos éternel. « Vous êtes obligées de vous asseoir à trois par banc, au risque de vous faire interpellées par la police en cours de route », tente d'expliquer un membre d'une famille éprouvée aux personnes qui prenaient place à bord d'un mini-bus pour le cimetière. Mais, pour se faire entendre, il a fallu l'intervention d'autres membres de la famille qui, eux également, n'ont réussi que difficilement à convaincre ces « téméraires ».

La mesure continue à diviser

Bien que cette décision du chef de l'Etat de ne plus exposer les corps des morts au domicile ou dans des salles au niveau des quartiers gêne certaines personnes, beaucoup d'autres l'appuient. Pour ces derniers, la capitale congolaise devra adopter les us et coutumes en matière des obsèques tels que pratiqués dans d'autres villes du pays ou dans d'autres Etats.

Ceux qui soutiennent les dernières mesures édictées par Félix-Antoine Tshisekedi brandissent, en effet, les motivations financières et sanitaires. Pour eux, avec la gestion habituelle des obsèques telle qu'on le faisait à Kinshasa, les familles éplorées étaient obligées de débourser une fortune pour organiser les obsèques du proche disparu et en s'exposant également au risque des maladies, surtout en ces moments où la pandémie de coronavirus a été déclarée au pays. « Les obsèques coûtaient une fortune. Il faut que ces nouvelles mesures sur la gestion des obsèques soient maintenues, mêmes après la fin de l'épidémie à coronavirus », soutiennent certains Kinois.

Ces mêmes personnes appellent également à l'établissement des funérariums dans des morgues en vue d'éviter aux familles éprouvées, la tentation de conduire le corps à la résidence du défunt ou dans un autre lieu aménagé. Comme pour dire que certaines pratiques ont encore la peau dure à Kinshasa. Et cela va dans le sens des regrets exprimés par le président de la République, dans son deuxième message à la nation, le 24 mars, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, qui a dit que le comportement des Kinois, qui n'ont exécuté que difficilement les mesures édictées, a contribué à la propagation de cette pandémie.

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