Sénégal: Pr Daouda Ndiaye sur le traitement de la covid 19 par la chloroquine - «Il faut y aller doucement, l'encadrer jusqu'à ce que ça soit scientifiquement prouvé»

A l'heure actuelle, aucun traitement n'est homologué par l'Organisation mondiale de la santé pour le nouveau coronavirus. Cependant depuis quelques temps, la chloroquine semble faire l'affaire pour parvenir à bout de cette maladie.

Le professeur Daouda Ndiaye, chercheur et chef de service du laboratoire de parasitologie virologie de l'hôpital Le Dantec de Dakar a estimé: « comme on n'a rien de clair dans cette affaire, il faut y aller avec prudence jusqu'à ce que l'efficacité de la chloroquine soit prouvée scientifiquement. Si les gens qui le vivent comme les scientifiques chinois et autres qui l'ont expérimenté, prouvent son efficacité dans le traitement de la Covid19, j'adhère».

Selon le pharmacien qui a fait un post lundi dernier sur sa page officielle, il ne dit pas que la chloroquine ne doit pas signer son retour, mais il faut qu'elle soit prouvée scientifiquement, qu'elle ne crée pas de problème de recrudescence du paludisme. Un combat qu'eux, scientifiques, avaient dépassé et qui risque de plomber à cause de cette polémique sur le médicament. « Je n'ai aucun problème sur un médicament traitant les parasites, bactéries, virus ou champignons tant qu'on peut l'utiliser pour guérir une personne, je suis preneur. L'histoire des effets secondaires, pour moi, n'est pas une priorité. » Pour le professeur Daouda Ndiaye, les gens sont en train de commander des milliers et des milliers de boites de chloroquine. « Ce que je veux qu'on évite, c'est qu'il ne soit pas un débat livré à l'automédication qui va créer des résistances et amener d'autres complications tant dans la prise en charge du paludisme que du coronavirus».

COVID-19 ET PALUDISME, UNE BOMBE A EVITER

Pour le professeur Daouda Ndiaye, la chloroquine avait été retirée du marché à cause de certains effets qui rendaient difficile la réponse au paludisme. Après 20 ans d'acquis, la chloroquine risque de plomber la réponse si des certitudes ne sont pas rapportées sur son efficacité à soigner le nouveau coronavirus. « On va vers l'hivernage et paludisme et Covid-19 seront quelque chose de compliqué et de difficile dans la prise en charge. Si la personne prend en auto médication pour la prévention de la Covid19, elle peut avoir des répercussions négatives sur le parasite» a-t-il évoqué.

Et de se demander : « si on doit plomber les acquis du paludisme où le Sénégal est en phase d'élimination ou y aller doucement et sûrement sur l'efficacité de cette molécule». Le scientifique a aussi rappelé que le paludisme tue au Sénégal 200 à 300 personnes par an. Des statistiques qui ne sont pas à négliger.

Plus de: Sud Quotidien

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