Madagascar: Commerce de légumes - Un grand problème de ravitaillement de la capitale

Une cinquantaine de camions transportant des légumes ont été bloqués par des éléments des forces de l'ordre hier soir vers 20 heures, à Anosizato, à cause du couvre-feu.

« L'Etat doit prendre des dispositions exceptionnelles étant donné que les légumes sont des produits périssables. On doit les transporter de nuit pour pouvoir les vendre au marché d'Anosibe à partir de 2 heures du matin. Mais si cela continue, il y aura de grands problèmes de ravitaillement de légumes sur le marché de la capitale », a déploré Rafanomezantsoa Rija, un grossiste de légumes au marché d'Anosibe. Et lui d'ajouter que les petits commerçants s'y approvisionnent en légumes tôt le matin, soit de 2 heures jusqu'à 4 heures, pour pouvoir les revendre sur d'autres marchés comme à Mahamasina, Andravoahangy et à Analakely.

Augmenter les prix. Et encore, « les paysans ne veulent pas céder leurs récoltes tant que les collecteurs surnommés 'patrons' ne viennent pas directement sur place. A titre d'illustration, nous collectons des légumes dont des carottes à Ampary, Analavory et Ampefy. La moto est le seul moyen de transport économique pour se rendre sur ces sites de collecte, mais les éléments des forces de l'ordre n'accepteront jamais la double montée. Nous sommes toujours testés par une équipe médicale lors d'un barrage sanitaire, mais personne ne comprend qu'il faudrait deux personnes pour se départager sur les différents sites de collecte de légumes afin de réduire le prix de revient. Tout cela va augmenter les prix de légumes auprès des consommateurs si l'Etat ne prend aucune mesure à l'endroit des fournisseurs de légumes », a-t-il insisté.

Ces légumes ne trouvent plus preneur à cause du blocage des camions lors du couvre-feu.

Problème de transport. Il faut savoir qu'une cinquantaine de camions transportant des légumes ont été bloqués par des éléments des forces de l'ordre hier soir vers 20 heures à Anosizato et à Ampitatafika, à cause du couvre-feu. Ces derniers les ont laissé passer aujourd'hui vers 5 heures du matin. « Voilà, on a raté toutes les livraisons pour les commandes que nous avons reçues. Nous devons, entre autres, livrer des légumes à Nosy-Be. C'est une grosse perte pour les commerçants », a soulevé Rija Rafanomezantsoa. Quant aux petits commerçants comme à Mahamasina, ils sont également confrontés au même problème de transport des légumes. « Nous avons l'habitude de prendre le bus venant de Namontana pour ravitailler le marché de Mahamasina avec quatre sacs de légumes de 80 kilos chacun, tous les jours. Maintenant, nous ne pouvons transporter que 10 kilos de légumes par personne, et ce, à pied, pour une durée d'une heure au lieu de 15 minutes en bus », a exprimé Daniel, un marchand de légumes.

Rentrer à pied. Pour Andry, un autre marchand de légumes venant d'Ambohimanambola, il a avoué que les prix de ces produits ont sûrement augmenté, faute de moyen de transport, notamment le bus. « En charrette, le coût de transport des légumes est de 10 000 ariary par sac au lieu de 2 000 ariary par sac en bus. A midi, le marché est fermé. Et il y a beaucoup d'invendus bien évidemment. Nous rentrons ensuite chez nous à Ambohimanambola à pied au départ de Mahamasina. C'est très fatiguant », se plaint-il. D'autres paysans venant d'Ambohitrabiby et de Talatavolonondry, qui vendent directement des légumes au marché d'Andravoahangy, préfèrent rester chez eux. En fait, « nous avons peur du coronavirus, mais il y a également l'absence de moyen de transport. En effet, nous prenons le bus au départ de Talatavolonondry ou d'Ambohimanga pour livrer des légumes au marché d'Anosibe. Il y a quand même un transport de marchandises, mais nous, nous n'arrivons jamais à rentrer chez nous à pied après avoir vendu nos légumes », ont-ils témoigné.

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