Burkina Faso: Lutte contre le Covid-19

Quand l'incivisme en rajoute à la situation

Dans son adresse à la Nation, le 20 mars dernier, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a annoncé une série de mesures visant à briser la chaîne de contamination du coronavirus. Il s'agit, entre autre, de la fermeture des frontières terrestres, ferroviaires et aériennes. Puis, l'instauration d'un couvre-feu sur toute l'étendue du territoire national. Ces mesures s'ajoutent à d'autres qui avaient été déjà prises. Il s'agit de l'interdiction de grands regroupements ou rassemblements et du report de certains grands événements, en l'occurrence la Semaine nationale de la culture (SNC). Personnellement, je soutiens toutes ces mesures prises par les plus hautes autorités, surtout quand on sait qu'il s'agit là d'une épidémie qui ne fait aucune distinction de race.

Elle frappe aveuglément tout le monde. C'est pourquoi je demande aux uns et aux autres de faire preuve de civisme en respectant les mesures édictées par le gouvernement. Il y va de la santé de tous. J'entends souvent certains, parlant de couvre-feu, ironiser en disant qu'on a l'impression que le virus ne se transmet que la nuit. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'un pays comme le nôtre, ne peut pas se payer le luxe d'opérer un confinement total des populations comme cela se passe en Europe ou dans certains pays africains très développés. Quand on sait que les heures de descente du travail constituent des moments de grands rassemblements, on ne peut pas dire que le couvre-feu instauré par le chef de l'Etat n'a aucun effet. Non et non Pour moi, ce couvre-feu n'avait que trop tardé.

Certains Burkinabè veulent que soit combattu le coronavirus mais ils ne sont pas prêts à en payer le prix

La preuve est que d'autres pays n'ont pas attendu d'enregistrer autant de cas pour décréter un couvre-feu ou un confinement général. Donc, arrêtons de voir midi à notre porte. Je le dis parce que certains Burkinabè veulent d'une chose et de son contraire. Ils veulent que soit combattu le coronavirus mais ils ne sont pas prêts à en payer le prix. Mais ils oublient que le couvre-feu décrété par les autorités est un moindre mal. Car, imaginez un instant (et là je touche du bois) si les choses devaient empirer au point de contraindre les autorités à décréter un confinement général. Les désagréments seraient très nombreux.

Car, je suis sûr qu'à la fin du confinement, l'on risque de passer de concession en concession pour ramasser beaucoup de cadavres provoqués par une autre épidémie : la faim. Voyez-vous ? Les autorités savent ce qu'elles font. Elles tiennent compte des réalités qui sont les nôtres pour prendre certaines décisions. C'est pourquoi elles ont fait le choix de laisser les gens aller travailler le jour pour se confiner le soir. Cela permet, un tant soit peu, de faire tourner l'économie qui, il faut avoir le courage de le reconnaître, est en train de prendre un sérieux coup. Donc, soudons-nous les coudes, tant l'heure est grave. Surtout que notre pays, avant le Covid-19, faisait déjà face à une crise sécuritaire sans précédent qui a coûté la vie à des centaines de dizaines de personnes.

Mais dans tout ça, s'il y a quelque chose que j'ai du mal à m'expliquer, c'est bien l'attitude des agents publics. En effet, vous aurez remarqué comme moi que tous les boulevards sont vides, les matins. Les gens ne partent plus au service. Chacun reste confiné à la maison. Or, officiellement et jusqu'à preuve du contraire, les services doivent fonctionner. Imaginez-vous les désagréments si, entre-temps, tombe une urgence qui doit nécessiter l'obtention d'un document dans l'Administration publique. Il va sans dire que l'usager va user toutes ses semelles sans résultat. Voyez-vous ? N'en rajoutons pas au Covid-19 avec notre incivisme.

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