Congo-Brazzaville: Hommage - Albert Embounou a refermé le livre de sa vie

Le monde littéraire pleure la disparition tragique d'Albert Embounou, fauché à deux pas de son domicile par un taxi, alors qu'il traversait la route, Moukondo-Mazala-Kombo, non éclairée ce soir-là, au quartier La Bled du quatrième arrondissement de Brazzaville.

Citoyen canadien d'origine congolaise né en 1955, cet ancien enseignant, titulaire d'une maitrise en sciences de l'éducation et d'une maitrise en langue, option anglais, obtenue au Pays de Galles où il rencontra sa future épouse de nationalité canadienne, aura laissé son empreinte indélébile dans ses différentes fonctions exercées, dont celle d'enseignant à l'Université Marien-Ngouabi et de directeur de cabinet ministériel au sein de l'administration congolaise. C'est en 1988 qu'il consacrera la suite de sa carrière en qualité de directeur technique à l'Organisation mondiale de la santé pour le compte des Nations unies. En parallèle, il fut également un brillant homme littéraire signant plusieurs ouvrages : « Nouvelles de Brazza », « Mon rêve » « L'Afrique noire n'est pas partie » chez différentes maisons d'édition.

Albert Embounou, père de trois enfants, avait le goût de la vie, celui de la sape et des belles voitures qu'il abandonnait chaque dimanche matin pour faire son footing le long du fleuve Congo sur la corniche de Brazzaville. Il avait également un vrai penchant pour la musique et les anciens se souviennent qu'il chantait plus jeune dans la célèbre chorale « Les Piroguiers », chorale qui lui avait d'ailleurs valu de chanter en France la messe de minuit. Sa fille, Laila, aura hérité de son amour immodéré pour la musique. Après avoir été animatrice, pour TNT AFRICA, dans l'émission culturelle « Sous les Manguiers » où elle se souvient y avoir invité son père mais aussi Freddy Kébano et Achille Mouebo lors d'une même émission, Laila Embounou reste toujours sous les feux des projecteurs de la ville océane avec son groupe Laila & The Groove. Mais aujourd'hui, il y a un peu plus de blues dans la voix qu'à l'accoutumée.

« Mon papa ne m'a pas laissé que la passion de la musique en héritage, de lui je retiens son côté bon vivant, comme on dit. Il avait cette force poétique de voir toujours la vie en rose et d'être attentif aux jolies choses. Il disait que quatre planches peintes en blanc lui suffirait pour seul linceul, cela résume sa simplicité », confie Laila face à cette terrible épreuve. Les mesures gouvernementales liées à la pandémie du Covid-19 empêchent momentanément d'accompagner les dernières volontés d'Albert Embounou qui voulait que toute sa famille soit réunie autour des quatre planches et célèbre dans la joie cet ultime voyage. Pour la messe et l'enterrement, aucune date n'a donc été fixée par la famille de l'illustre disparu qui choisira le moment opportun pour honorer comme il se doit les obsèques d'Albert Embounou dont l'éternel sourire illumine encore ceux et celles qui l'ont approché.

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