Burkina Faso: 152 cas confirmés, quitus pour un essai à la chloroquine

Le coordonnateur national de la réponse à l'épidémie de Covid-19, le Pr Martial Ouédraogo, a rassuré de leur détermination à venir à bout du Covid-19.

Comme à l'accoutumée, le coordonnateur national de la réponse à l'épidémie de Covid-19, le Pr Martial Ouédraogo, était face à la presse le 26 mars 2020 pour faire le point de l'évolution de la pandémie au Burkina Faso. Cette fois-ci, il était en compagnie du ministre en charge de l'Enseignement supérieur, Pr Alkassoum Maïga, venu faire le point de la recherche locale.

A la date du 26 mars 2020, le nombre de cas confirmés du Covid-19 au Burkina Faso est de 152 soit six nouveaux cas, 10 guérisons et 7 décès. Le coordonnateur national de la réponse à l'épidémie de Covid-19, le Pr Martial Ouédraogo, a, au cours du point de presse du 26 mars, précisé qu'il y a 52 femmes et 100 hommes. Par rapport aux trois décès supplémentaires enregistrés le 25 mars, il a confié qu'il s'agit d'un homme de 59 ans qui souffrait d'une hypertension, d'une femme de 75 ans, hypertendue et d'un Philippin de 51 ans, lui aussi hypertendu.

Les trois personnes guéries sont deux femmes de 26 ans et un homme de 36 ans. « Il est vrai que le taux de mortalité est moins élevé chez les jeunes, mais il convient de prendre toutes les dispositions pour éviter la maladie », a conseillé Pr Ouédraogo. Toutefois, il a regretté le fait que les populations appellent le 3535 à cause de la psychose même s'il comprend l'inquiétude. Il a annoncé que les 35 postes déjà présents connaîtront un accroissement de 30 autres postes afin de soulager les populations.

A la suite du Pr Martial Ouédraogo, c'est le ministre en charge de la Recherche scientifique, Pr Alkassoum Maïga, qui a fait le point de l'évolution de la recherche pour venir à bout du coronavirus. Il a annoncé qu'une équipe de chercheurs de l'Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS) lancera très bientôt deux essais cliniques pour évaluer l'efficacité et la sécurité de trois produits dans le traitement de la maladie à Coronavirus au Burkina Faso.

Le 1er essai dénommé CHLORAZ sera dirigé par le directeur de la recherche à l'unité de recherche de la clinique de Nanoro, le Dr Halidou Tinto. Il se fera en collaboration avec le Centre Muraz de Bobo-Dioulasso et les CHU de Tingandogo à Ouagadougou et Sourou Sanon à Bobo-Dioulasso. « Cet essai vise à évaluer l'efficacité et la sécurité de l'utilisation de la chloroquine et de la combinaison chloroquine + Azithromycine dans le traitement de l'infection au COVID-19 au Burkina Faso », a déclaré Pr Maïga.

U-Pharma bientôt à la rescousse pour la chloroquine

Le ministre en charge de la Recherche scientifique, Pr Alkassoum Maïga : « Ces études permettront au ministère de la Santé de disposer de résultats scientifiques crédibles».

Il a ajouté que si ces traitements s'avéraient efficaces et bien tolérés, il est prévu dans la même étude d'explorer la possibilité de conduire une détection active des contacts des patients infectés au niveau de la communauté afin d'entreprendre des traitements de ces derniers dans le but de couper la chaîne de la transmission au niveau communautaire. « L'équipe essayera de répondre à la question de savoir si quelqu'un qui a déjà été infecté par le COVID-19 est protégé d'une réinfection et si oui, pendant combien de temps peut durer cette protection », a étayé le ministre en charge de la Recherche scientifique.

La deuxième étude est un essai clinique international dénommé API-COVID-19 qui sera conduit dans deux pays africains (le Benin et le Burkina Faso). Il vise à évaluer l'efficacité clinique et virologique d'un médicament à base de plante (phytomédicament) appelé APIVIRINE chez les patients atteints de COVID-19. Il sera coordonné par une équipe de chercheurs de l'IRSS dirigée par Dr Sylvin Ouédraogo, directeur de recherche en Pharmacologie et directeur de l'IRSS.

Dans sa mise en œuvre, le Pr Martial Ouédraogo, Pr titulaire de Pneumologie et coordinateur du comité national de réponse à la pandémie du COVID-19, sera l'investigateur principal au Burkina Faso. Il sera mené dans le site de confinement de CHU Tingandogo, a soutenu Pr Alkassoum Maïga.

A l'entendre, cette seconde étude s'inscrit en étroite ligne de l'appel de l'OMS qui a sollicité récemment la contribution de la médecine traditionnelle dans la recherche de traitement de la maladie à coronavirus SRAS-CoV-2. Il a expliqué que l'APIVIRINE est un antirétroviral, qui est efficace sur plusieurs virus dont celui du VIH/SIDA et est utilisé depuis près de 20 ans et présentant jusqu'à ce jour un bon profil de sécurité.

« Certains malades confirmés du COVID-19 ont déjà eu recours avec succès à APIVIRINE durant leur maladie. Ils ont tout de suite obtenu l'amélioration de leur état de santé allant de l'amendement rapide des symptômes à la négativation du test de dépistage de coronavirus après traitement », a-t-il dit.

A la question de savoir si le Burkina Faso a la capacité de produire une grande quantité de chloroquine, le ministre Maïga s'est voulu rassurant. Il a fait comprendre que l'unité U-Pharma de l'IRSS/CNRST produisait dans les années 93-94 en moyenne 430 boîtes de 1000 comprimés de chloroquine par jour. Elle fonctionne jusqu'à nos jours mais l'abandon de la chloroquine dans le traitement du paludisme a amené cette unité à se consacrer essentiellement à la production du FACA phyto-médicament contre la drépanocytose, a souligné le ministre.

« Actuellement, il s'agira de réhabiliter la chaîne de production de chloroquine et de paracétamol pour permettre la production de 200 000 comprimés par jour de chaque type », a-t-il soutenu. Avant d'ajouter que d'autres produits fabriqués par les tradipraticiens du Burkina Faso sont en exploration.

Plus de: Sidwaya

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