Cote d'Ivoire: Restos, maquis, bars... Tout est fermé à Abidjan

Cité administrative. Abidjan-Plateau. Espace restaurant. Ce 25 mars, il est 12h45. C'est le calme plat. Tous les box sont clos. Quelques personnes sont là, mais pas pour prendre le déjeuner. Elles profitent juste de la fraîcheur des lieux à l'heure de la pause. Il n'y a pas une seule vendeuse en vue. Il faut aller à l'arrière-boutique pour en trouver. Celles qui sont présentes disent être venues juste pour mettre de l'ordre dans leurs affaires. D'autres attendent des charrettes pour transporter le reste des provisions (bananes, ignames) à la maison.

A 100 mètres de là, c'est l'espace Ccia, l'un des plus grands points de vente de nourriture dans la commune du Plateau. Aujourd'hui, il n'y a pas la chaleur habituelle des jours ouvrés. Il n'y a que les papeteries et les vendeurs de textile qui sont présents. La fumée humée chaque jour à l'approche des lieux a disparu dans l'air. Normal. Il n'y a pas la moindre présence de vendeuses d'aliments. Même celles qui proposent les bananes braisées et les sandwichs ne sont pas là.

Comme il fallait s'y attendre, les commerçantes des lieux ne sont pas contentes. Elles sont même déprimées. Beugré Mariette, la trentaine, en fait partie. Elle dit profiter de « l'arrêt forcé » de son activité pour nettoyer son espace. Elle est très amère. « Comme vous nous avez interdit de faire à manger, on est là pour ranger nos casseroles et assiettes », dit-elle sans s'arrêter de marcher.

La situation est la même dans les grands restaurants. Au Plateau, la Croisette (restaurant français), Happy Hours, et autres grandes enseignes sont closes. Les parkings, d'habitude occupés, sont libres.Incident devant un magasinToujours dans la commune du Plateau, sur le boulevard de la République, la file devant la pâtisserie du supermarché Cash Center est particulièrement longue ce 25 mars. Malgré leur impatience, les clients font l'effort de ne pas être roches les uns des autres... se frôler.

Et pourtant, un incident éclate entre un homme et une dame. L'homme, très fâché, se plaint de ce que la dame s'est exprimée de manière trop proche dans son dos... dans ce contexte de coronavirus. Il a fallu l'intervention des autres personnes dans le rang pour calmer les deux personnes.

Boom des plats à emporter

Á l'intérieur du magasin, la vente de plats à emporter rencontre un franc succès. D'habitude les plats sont exposés, mais la demande est si forte ce jour qu'il faut commander et attendre. Au menu du jour, il y a les frites de pomme de terre et de l'Alloco. Prix du plat : 1500 francs CFA.

Juste à côté du supermarché, dans le dos du siège de la Société général de banque, il y a un espace restaurant. Silence total. Pas tout à fait. Si les vendeuses de plats de riz, foutou, igname, Alloco et autres repas africains sont absentes, le vendeur de garba (attiéké au thon frit) est bien là. Il a pris son courage à deux mains pour vendre des plats à emporter, pas à consommer sur place.

L'homme est débordé par la clientèle. A la vue du photographe de Fraternité Matin, un homme, dans le rang, lève la voix . « Pas de photos ! Nous sommes des fonctionnaires, nous ne savons pas où manger », crie-t-il.

Remarque importante. Il semble que la décision de fermeture des restaurants et maquis a créé une véritable embellie au niveau des plats à emporter dans les supermarchés. Cela est très visible dans les magasins Carrefour qui en sont les spécialistes et précurseurs en Côte d'Ivoire. Au Mall Playce Marcory, les responsables du supermarché se frottent les mains. Le pavillon Traiteur est continuellement bondé. Il est 13h et demie. La file d'attente est interminable. Le menu est très varié. Tchep, riz à la sauce légumes, couscous au poulet, etc. Prix moyen : 3000 francs.

Le pavillon viennoiserie est aussi pris d'assaut. En fait, il est débarrassé depuis la veille de la concurrence de l'espace restauration rapide situé à l'entrée du mall. Là-bas, toutes les enseignes sont closes. Burger King, Chicken Dabali, L'Oriental, Pizza au feu de bois, Brioche dorée... tout est fermé. Les grilles sont rabattues. L'espace d'accueil est désert. Les comptoirs externes sont vides. Les tables et les chaises ont été entassées. Il n'y a aucun membre du personnel pour quelques échanges.

Yopougon a perdu son âme

La commune de Yopougon, l'épicentre, du moins la capitale des bars et maquis, est entrée quasiment en hibernation depuis que la fermeture des bars, restaurants et maquis a été annoncée. Les lieux emblématiques que sont la rue Princesse, la rue des Princes, Maroc-Mosquée, rue Niangon-Texaco... c'est le calme plat. Mardi, lendemain de l'annonce des décisions du Chef de l'État, aucun bar ni maquis n'a ouvert. Même à l'espace Ciné cool, à la rue Princesse, les vendeurs de poulet kédjénou et de poisson braisé ont rabattu leurs étals. L'endroit est «mort».

Yopougon a perdu son âme. D'autres diront « Yop n'est plus Yop ». Il y a tout de même de petits malins, « les « çamenfous » qui résistent. Il s'agit essentiellement des mini bistros de vente de la légendaire liqueur locale « koutoukou » ou « gbêlê ». il y en a du côté de Yopougon Ananeraie. Et c'est tout.

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