Sénégal: PR. MOUSSA SEYDI, DU CHU DE FANN - « Il est raisonnable de prescrire l'hydroxychloroquine au regard du rapport bénéfices/risques »

27 Mars 2020

Le Professeur Moussa Seydi, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales de l'Hôpital Fann justifie, dans un entretien, le recours à l'hydroxychloroquine pour soigner les malades souffrant de la pneumonie à coronavirus. Il a invoqué les résultats encourageants de l'étude du Professeur Didier Raoul et la tolérance de ce médicament chez beaucoup de patients. L'universitaire a annoncé le démarrage de projet de recherche au Sénégal pour valider les schémas thérapeutiques contre le Covid-19.

La position du Professeur Moussa Seydi sur le recours à l'hydroxychloroquine pour soigner les personnes atteintes de la pneumonie à coronavirus est claire. Il ne jette pas la pierre à ses confrères et autres chercheurs qui émettent des réserves sur l'usage de ce traitement en prétextant que les effets indésirables sur ces malades ne sont pas encore maîtrisés. L'universitaire sénégalais rappelle que l'hydroxychloroquine est, en règle générale, très bien tolérée. « En regard du rapport bénéfices/risques, il est raisonnable de prescrire ce traitement.

L'hydroxychloroquine est déjà prescrite à des millions de personnes à travers le monde », argumente le chef de service des maladies infectieuses et tropicales du Centre hospitalo-universitaire de Dakar-Fann. Pour lui, c'est le caractère préliminaire de l'étude qui a soulevé toutes les discussions sur ce traitement. D'ailleurs, l'argument des effets indésirables ne pèse pas devant l'urgence de sauver des vies, estime le spécialiste. Mieux, le Professeur Seydi affirme qu'il n'a pas, à sa connaissance, un seul médicament qui n'a pas un effet indésirable, y compris le paracétamol vendu sans présentation d'une ordonnance. « Bien entendu, tout médicament, même le paracétamol, vendu librement, peut présenter des effets secondaires chez certains. Rien ne change fondamentalement pour le patient en matière de risque, si risque il y a », a défendu l'universitaire sénégalais qui admet que « les résultats préliminaires mais encourageants nécessitent d'être validés par une plus grande étude avec plus de malades ».

Il comprend parfaitement la position des scientifiques qui affirment que les résultats préliminaires du Professeur Didier Raoult ne sont pas suffisants pour valider l'usage à grande échelle de ce traitement. « Cette position se comprend quand on veut attendre d'avoir une certitude absolue que personne ne peut discuter. D'ici là, peut-être que l'épidémie sera finie et qu'on aura perdu l'occasion de guérir plus rapidement des centaines de milliers de personnes », a analysé le spécialiste des maladies infectieuses.

S'il venait à suspendre ce recours à l'hydroxychloroquine, on peut considérer que la guérison des malades qui étaient internés à l'hôpital de Fann relèverait du pur hasard, ajoute Pr Seydi. « Quoiqu'il en soit, si la tendance que je constate se confirme, je continuerai à traiter mes malades avec ce traitement. Sinon j'arrêterais en me disant que les premiers succès obtenus étaient le fait du hasard. Nous allons d'ailleurs démarrer notre propre projet de recherche pour évaluer plusieurs schémas thérapeutiques contre le Covid-19 », a révélé le Professeur Moussa Seydi. En plus de l'hydroxychloroquine, l'azithomcycine pourrait être ajouté au protocole dans le projet de recherche qui sera bientôt lancé au Sénégal. Idrissa SANE

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