Ile Maurice: Transport public - Les syndicats demandent l'arrêt des opérations

Depuis la mise en place du couvre-feu, les transports publics poursuivent le service, même si ce n'est qu'avec un groupe réduit.

Toutefois, après l'annonce faite par le Premier ministre dans la soirée du 24 mars, les syndicalistes du transport en commun demandent l'arrêt des opérations et cela pour leur sécurité. Au niveau de la National Land Transport Authority (NLTA), c'est le silence...

Depuis le vendredi 20 mars, avec l'introduction du confinement national, les compagnies de transport en commun continuent d'opérer. Si, dans un premier temps, une trentaine d'autobus opéraient pour la Compagnie Nationale de Transport (CNT), l'on apprend qu'il n'y a que 16 autobus qui sont sur les routes, soit huit le matin et les huit autres dans l'après-midi.

Pour le président du Transport Industry Workers Union (TIWU), Roy Hamraj, la situation est grave. «Nous craignons pour notre propre sécurité. Nous demandons à la direction de prendre une décision et de stopper les opérations à travers le pays.» Il précise que les employés sont en train de mettre en péril leurs santés et même leurs vies. «Non seulement que nous avons peur mais nous faisons aussi face au comportement irresponsable de certains voyageurs.»

Il raconte que des passagers sont rentrés dans les autobus avec des grosses coupures d'argent soit des billets de Rs1000 et Rs500. «Et quand nous leur avons fait comprendre que nous n'avons pas autant d'argent sur nous, ils se sont montrés agressifs. Face à ce genre de personnes, nous ne pouvons opérer, surtout qu'il n'y a pas beaucoup de personnes dans les autobus depuis quelques jours. Nous pouvons nous faire agresser. Et nous ne pouvons pas nous exposer de la sorte.»

Roy Hamraj en profite également pour passer un message à la direction sur le matériel donné par cette dernière comme mesure de protection face au Covid-19. «Nous avons dû nous battre pour obtenir du handsanitizer. Et que dire des masques que nous avons obtenus ! On arrive presque à suffoquer avec.»

De son côté, Iqbal Sheik Abbas avance qu'une réunion a eu lieu le jeudi 26 mars pour prendre une décision quant à la suite des opérations au niveau du United Bus Service (UBS). «La situation est grave. Les travailleurs se posent plusieurs questions en ce qui concerne leur avenir. Mais nous allons continuer tant que nous le pouvons à donner un service.»

Le président de l'United Bus Service Employees Union (UBSEU) soutient que pour l'heure, une quinzaine de bus sont en opération desservant les différentes régions du pays. «Chaque 45 minutes, nous avons un bus qui silionne le pays. Mais nous mettons notre vie en danger car nous faisons partie des services essentiels». Il relate aussi son incompréhension en ce qui concerne le déplacement des personnes âgées. Questionnés, elles lui ont répondu qu'elles vont rendre visite à leurs proches. «Elles ne comprennent toujours pas qu'elles sont les plus à risque.» En tout cas, le UBS poursuivra ses opérations jusqu'à 18 heures.

Pour sa part, le directeur général de Rose-Hill Transport, Sidharth Sharma ne pense pas arrêter les opérations, en tout cas pas tant que les personnes en auront besoin. «Nous travaillons certes avec un groupe squelettique. Mais nous assurons le service pour venir en aide à tous ceux qui en ont besoin pour aller sur leur lieu de travail.» Toutefois, il explique qu'il ne pourra mettre de la pression sur son personnel pour continuer à travailler si ces derniers se sentent en danger. «Nous ne pouvons obliger qui que ce soit.»

Anil Seeburrun, membre exécutif de la Flacq Bus Owners Cooperative Society, est quant à lui, catégorique. Les autobus dans la région de l'Est ont arrêté leurs activités depuis le 24 mars. «Si vous continuez à proposer le service, vous encouragez les gens à sortir de chez eux alors que nous sommes en période de confinement et faisons face à un couvre-feu. Nous prendrons une décision après le 31 mars pour voir si nous allons continuer à suspendre nos services ou pas.»

Sollicité à maintes reprises, on est toujours dans l'attente d'une réaction du Road Transport Commissioner de la National Transport Authority, Kaushik Reesaul. En tout cas, les prochains jours s'annoncent mouvementés pour le secteur du transport.

Plus de: L'Express

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