Ile Maurice: Achats en ligne sous couvre-feu - Crash programmé !

Cela a été la cohue ce vendredi 27 mars sur le site de la Mauritius Chamber of Commerce (MCCI). Et la grande désillusion après les promesses d'hier d'un approvisionnement en ligne.

Dès le matin, cela s'est révélé compliqué. D'une part, sur les cinq opérateurs, l'un ne marchait pas et disait de revenir à 15 heures, l'autre on voyait du matériel électronique, les 3e et 4e proposaient des packs, dont on n'avait pas forcément l'utilité, sans aucun choix, et le 5e tout bonnement ne marchait pas (expérience faite vers 10 h 30). Puis, finalement, plus rien n'a été possible vers les 13 heures, notamment parce que les distributeurs qui fonctionnaient étaient en rupture de stock.

D'ailleurs, le supermarché Dream Price, à Phoenix, était à pied-d'œuvre.

Mais même si le stock est là le choix est limité. Il n'y a pas de produits frais, rien de prévu pour ceux qui sont allergiques au gluten par exemple ou diabétiques, sous une diète spéciale. Rien comme aliments pour nos chats ou nos chiens. Pas de gâteaux pour les enfants (sans aller dans le luxe... ).

Des packs inadaptés

Face à cette gabegie, alors qu'on se dit «cyberisland» des citoyens restent sur leur faim... Jay, un père de famille de Quatre-Bornes, par exemple, estime que l'initiative du gouvernement proposant d'acheter des produits alimentaires en ligne est «une bonne idée mais encore une fois mal pensée». On n'a qu'un pack ou un panier déterminé avec des produits que beaucoup de gens ne mangent pas. «Le pack est à Rs 1 375 mais que fait-on quand la boîte de thon et la boîte de 'makerel' seront finies ? Ces deux produits sont pour deux voire trois repas mais après, comment fait-on pour acheter autre chose ? Devons-nous acheter un panier encore ?»

Une autre interrogation porte sur les végétariens. «Rien n'est prévu pour ce genre de personne. En ce qui concerne les produits pour bébé, il y a que des couches et des lingettes. Un bébé à besoin de lait, de céréales. Imposer un panier n'est pas la solution. Je pense que la solution réside toujours dans l'achat en ligne mais de façon différente.»

Il propose de garder les supermarchés ouverts mais uniquement sur un système de drive through en limitant le nombre d'achats par personne et la catégorie de produits, comme limiter à une seule marque de lait ou de thé. «Les gens n'auront pas à quitter leur véhicule. Les boîtes seront mises dans leur voiture par le personnel. Aucun contact. Un message sera envoyer à la personne pour dire que sa commande est prête pas de longue files de voitures. Quand les courses seront faite, la personne rentre chez elle, désinfecte les produits et c'est fait.»

Rama Valayden: « Le risque de 'food riot' est bel et bien présent» propose des stratégies

«Je fais un appel au Premier ministre. Il faut revoir le système. Le risque de 'food riot' est bel et bien présent.» C'est en gros le message que Me Rama Valayden a adressé à Pravind Jugnauth. L'homme de loi affirme que des personnes l'ont contacté pour lui faire part de pénurie de nourriture.

«Un couple âgé me raconte avoir attendu la fin du mois pour faire des achats. Ils attendaient leur pension mais avec la décision de confinement total, ils n'ont rien pu faire. Du coup, ils se nourrissent du 'Nestum' seulement», dit Rama Valayden.

L'homme de loi, dit avoir pris contact avec un conseiller du bureau du Premier ministre, en proposant une toute autre stratégie. «Je demande la réouverture des supermarchés. Le gouvernement peut, à titre d'exemple, imposer une liste de point de vente pour les habitants qui se trouvent à 2,6 km du supermarché. Ou encore, essayer de mettre sur pied un système permettant aux gens de faire leur achat en ordre alphabétique. S'il le faut, qu'on leur donne un papier attestant qu'ils sont déjà venus et ne peuvent refaire d'autres achats dans l'immédiat.»

Plus de: L'Express

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