Cameroun: Citron, gingembre, ail... - Folles enchères

Divers produits, désormais prisés en raison de vertus alléguées contre le Covid-19, flambent au-delà de toute décence.

« 250 F le citron ?! ». L'exclamation, poussée ce mardi soir par le client d'un étal au lieu dit Carrefour Ange Raphaël, a fait se retourner un tiers qui s'en allait avec son paquet de mangues, acheté à 1300 F. « Quel est le tas qui coûte 250 ? », demandera ce dernier, pour se heurter au sourire de la vendeuse, moqueuse devant sa naïveté. Bien vite, tout devient clair : le client indigné tient en main un citron et un seul. Une quasi-dispute éclate, dans laquelle la vendeuse voisine intervient : « Ce sont les grossistes qui causent ça, pas les détaillants ». Finalement, le chercheur de citron s'en ira les mains vides. Pas sûr, cependant, qu'il en trouve meilleur marché ailleurs.

C'est que, depuis quelques jours à Douala, le prix de certaines denrées a flambé dans des proportions surréalistes. Au marché Sandaga, espace marchand de référence pour les fruits et autres vivres frais à Douala, 3 citrons coûtaient 500 F il y a quelques jours. Puis les prix ont encore grimpé. « J'ai envoyé ma fille me prendre des lemons en route pour une décoction, elle est rentrée me dire que c'était trop cher : un fruit à 300 F », explique Régine E., cadre d'entreprise et habitante de Ndogbong. Mélanie D., artiste vivant à Akwa, nourrit quant à elle quelques regrets : « En faisant les provisions il y a quelques jours j'ai refusé de prendre des citrons, parce que je les trouvais trop coûteux.

Là j'ai des regrets », bredouille-t-elle, ajoutant qu'elle se sent obligée d'en prendre quand même. L'aloès vera, l'ail et le gingembre connaissent aussi des hausses de prix ahurissantes sur les étals de Douala. En raison de la même croyance en de présumées vertus miraculeuses contre le coronavirus. Mais il n'y a pas que ces légumes et autres ingrédients usuels de nos plats qui flambent. Le nouveau maire de Douala III, Valentin Epoupa, désireux de se munir d'un masque pour une descente au marché Dakar, a constaté que la pièce, habituellement vendue autour de 200 francs, coûtait désormais... cinq fois plus cher : 1000 F.

N'en croyant pas ses oreilles au compte rendu du collaborateur commissionné, il s'est rendu illico dans la pharmacie qui pratiquait cette surenchère pour leur dire son étonnement, à tout le moins. CT apprendra par la suite que le responsable de la pharmacie a été convoqué à la mairie le 25 mars, et que le maire s'est engagé à saisir la délégation régionale du Mincommerce. En attendant, les prix continuent leur folle envolée.

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