Cameroun: Exilés du coronavirus - Les Camerounais bloqués à l'étranger

Ils ont à Istanbul, Abidjan, Cotonou ou Nairobi : beaucoup de Camerounais ne peuvent plus rentrer chez eux en raison de la fermeture des frontières.

"Cameroun, Cameroun, faites-nous rentrer. Nous sommes abandonnées à Cotonou." Cet appel de détresse est celui de nombreuses commerçantes camerounaises bloquées depuis une dizaine de jours à Cotonou au Bénin, suite à la fermeture des frontières nationales.

"On ne peut pas nous faire entrer à Cotonou à 14 heures et à 17 heures nous dire qu'on ferme les frontières, on laisse les gens dehors. Vraiment, je suis très déçue par ce gouvernement."

Dans plusieurs aéroports et villes du monde, de nombreux Camerounais qui étaient sur le chemin du retour le 17 mars ont été ainsi bloqués. Parmi eux se trouvent des participants au récent Marché du spectacle africain (MASA).

Ces derniers ne savent plus quoi faire, comme en témoigne Tony Mefe, un promoteur culturel, en attente à Abidjan :

"Effectivement, nous sommes des exilés du coronavirus. Nous sommes bloqués à Abidjan depuis la fin du MASA. On était sur le vol du 18 mars qui coïncidait avec la fermeture des frontières camerounaises et depuis nous sommes là. Il n'y a pas beaucoup d'informations qui circulent. Le problème c'est l'incertitude : combien de temps ça va encore durer? "

Pris en otage

Depuis le 17 mars, un autre groupe de Camerounais est bloqué à l'aéroport d'Istanbul en Turquie. Fopa Hamza, qui rentrait du Liban pour le Cameroun, dit ne pas s'être lavé depuis dix jours :

"On est arrivés à l'aéroport d'Istanbul. Brusquement, l'agence nous a informés que le Cameroun a fermé ses frontières à ses ressortissants. Donc on ne peut plus aller au Cameroun, on ne peut que rester ici pour attendre l'ordre du gouvernement. On ne se lave pas. C'est grave. On dort ici. Il fait tellement froid mon frère."

Marie Rose, pour sa part, déplore de se retrouver prise en otage depuis le 17 mars.

"J'ai quitté le Liban et je voulais rentrer chez nous. Les conditions à l'aéroport sont vraiment difficiles. Parmi nous, il y a même une femme enceinte de six mois et demi Là où elle dort, ce n'est pas vraiment très bien. "

La réaction des autorités

A côté de Marie-Rose se trouve un jeune footballeur camerounais qui évolue en Biélorussie.

"Je m'appelle Richard Hamidou. Je suis footballeur. Je sors de Manse pour rentrer au Cameroun. Manse en Biélorussie. J'aimerais juste rentrer au Cameroun, même si on me met en quarantaine, même pendant deux mois, ça ne me dérange pas, c'est tout ce que je veux. Je veux juste rentrer au Cameroun. "

Aux dernières nouvelles, les autorités consulaires se sont saisies de la situation de ces Camerounais en détresse en Côte d'Ivoire, au Benin ou en Turquie.

Ceux bloqués à Istanbul ont pu recevoir de la nourriture et des couvertures. Un autre groupe se trouve aussi à Nairobi au Kenya, dans la même situation.

Tous partagent l'espoir d'embarquer dans des vols spéciaux à destination du Cameroun où les frontières nationales restent fermées

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