Madagascar: Crise du coronavirus - Des startups menacées de fermeture définitive

Les entreprises naissantes résistent rarement aux chocs et aux crises économiques. À moins d'une semaine de confinement, plusieurs chefs d'entreprises craignent déjà que leurs startups pourraient ne pas résister à la crise du coronavirus.

Du déjà vu ! Bien que la pandémie du COVID-19 soit un cas nouveau pour Madagascar, tout comme pour le reste du monde, la crise économique qu'elle engendre est connue. C'est ce que nous a confié un groupe d'entrepreneurs, actuellement en difficulté à cause des mesures de confinement, mais qui tient à garder son anonymat. « Ces mesures sont très utiles et sont indispensables pour la santé de tous et donc, pour le bien de la Nation. Mais nous devons avouer qu'elles favorisent une crise économique, qui pourrait être fatale aux jeunes entreprises, surtout celles de moins de trois ans. En temps normal, nous devons déjà tout donner pour réussir. Tout le monde sait qu'à cause de l'environnement des affaires, le taux d'échec est très élevé pour les projets d'entreprise à Madagascar, lorsqu'on parle de petites et moyennes entreprises (PME). Il faut se battre pour réussir. Mais cela est valable en temps normal. Par contre, en temps de crise, les entreprises naissantes sont sérieusement menacées et ont beaucoup de difficultés à survivre. Nous l'avons déjà vécu durant les crises politiques », ont-ils indiqué.

Cumul de charges. Certes, l'objectif de l'Etat est aujourd'hui de minimiser les dégâts du coronavirus à Madagascar. Plusieurs mesures ont déjà été prises, notamment avec le plan d'urgence social, ainsi que les mesures fiscales et financières pour soutenir le secteur privé, afin d'éviter le chômage technique. Selon le groupe d'entrepreneurs que nous avons interviewé, certaines entreprises ne peuvent éviter le chômage technique, à cause des charges qu'il faut payer.

« Avec la fermeture des magasins, notre système de distribution n'est plus fonctionnel. De ce fait, toutes nos activités sont suspendues. Les clients principaux ne passent plus de commande. Il n'y a pas de travail à faire. Les employés restent chez eux. Et pourtant, nous sommes obligés de payer une multitude de charges fixes, si l'on ne cite que le loyer. Nous remercions le président Andry Rajoelina d'avoir pris les mesures pour le report de certaines échéances de paiement au niveau des centres fiscaux, de la Jirama et des banques. Mais cela ne va pas nous sauver, car ces charges vont se cumuler lors prochains mois », ont soutenu les startupers.

Selon eux, l'Etat devrait donner un coup de pouce aux entreprises naissantes, ainsi qu'à celles en difficulté. « Les pays émergents l'ont fait. L'Etat devrait soutenir les entreprises de moins de trois ou cinq ans, en leur accordant des exonérations ou des allègements fiscaux. L'Etat devrait également donner aux entreprises en difficulté des amnisties fiscales, car il est question de survie. C'est le seul moyen de sauver ces entreprises », ont-ils affirmé. Bref, les startups et les PME attendent un coup de pouce de l'Etat pour faire face aux difficultés actuelles, causées par la suspension de leurs activités.

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