Tunisie: Coronavirus encore et toujours - La dimension humaine du sport

28 Mars 2020

L'une des «vertus» de la généralisation du coronavirus est sûrement cet élan humain qu'on a pu voir dans le sport tunisien. Ce n'est pas certainement extraordinaire, mais il y a un minimum qu'on a pu dépasser. Les sportifs tunisiens, les fédérations se sont mis, en partie, à faire des dons, à aider l'Etat par l'argent et par le matériel et les accessoires médicaux. Ça c'est bien.

Ça permet au moins d'oublier la voracité et l'insensibilité du sport business, la frénésie illimitée autour de l'argent dans notre sport. Et permet surtout d'oublier, pour un moment, les clivages, les rivalités, les coups bas et les faux et mensongers discours de la plupart des dirigeants sportifs tunisiens. Dans ce sport qui a pris une suspicieuse (et par la même occasion incontrôlable) dimension économique, une lueur d'espoir est visible.

Il y a encore des valeurs nobles, il y a surtout des sportifs, quels que soient leurs postes, qui n'ont pas hésité à aider financièrement. Et ça c'est le très bon exemple à donner à tout le monde. Le sport ne peut que générer et enfanter ces gens-leaders et nobles par leurs gestes. Etre champion, célèbre et important en société à travers le sport, n'a aucune valeur si ce sportif vit pour lui-même et pour son image seulement.

On ne l'aimera plus, on ne le respectera plus et on ne vibrera jamais au moindre succès qu'il accomplit. Dans les moments de crise, dans les durs moments de la vie, il y a des gens qui resurgissent, avec beaucoup de noblesse et de sens humanitaire, pour se mettre avec d'autres personnes, à aider.

Ça soulage oui, mais que d'autres sportifs se réveillent et se rappellent de leur devoir, en tant qu'idoles et de gens connus. Il n'est jamais trop tard pour qu'ils participent à l'effort collectif en vue de contrecarrer le coronavirus. C'est une obligation morale qui donne une belle et brave image de ce que doit être le sport. Pour les charlatans, les magouilleurs et les avides du sport, ils seront toujours derrière, très petits et surtout déconnectés de la conscience collective qui s'est installée récemment. Il est clair que le coronavirus a bouleversé beaucoup de notions et de systèmes économiques, sociaux et de santé dans le monde. Le sport a été si gravement touché en quelques semaines.

Dans tout cela, et surtout dans l'ambiance de panique générale devant ce virus, des sportifs ont montré que les pertes économiques ( très importantes qu'elles le sont) ne valent absolument rien devant la vie des spectateurs et aussi des non-intéressés du sport. En Italie, les dirigeants de l'Atalanta se mordent les doigts (un énorme sentiment de culpabilité) pour avoir joué devant un grand public face à Valence en Ligue des champions. La victoire historique ce soir-là est entachée de cas de coronavirus. La région de Bergame, si touchée, le doit à ce match et à l'après-match aussi.

Les joueurs et les dirigeants le regrettent vivement. La preuve que quelque part, les sportifs ont une vive conscience. Nous, on a «forcé» 80.000 personnes à venir à Radès en 24 heures pour deux matches qui, ont une part de responsabilité dans le mouvement de contagion. Et ça, on n'a pas l'honnêteté de le dire et de l'admettre. C'est ce qui fait la différence avec les autres.

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