Tunisie: « Corona-Tunisie » - Où en est-on ?

28 Mars 2020

Une actualité à sens unique !

Coronarienne ». Quoi d'autre que le corona à vivre, à craindre, à combattre, à raconter et à débattre en ce moment?

Je nous plains, surtout journalistes de la presse écrite. Nous nous solidarisons, certes, avec nos compatriotes, nous aidons nos gouvernements à communiquer, à expliquer, à s'expliquer, mais nous souffrons aussi d'une pénurie de sujets.

Pénurie : le mot est peut être excessif. En fait, le monde bouge, par ailleurs. Les « affaires », la délinquance, les « accrocs » politiciens mêmes. Simplement, l'épidémie a priorité. Focalise toutes les attentions. Celles des autorités et des médias en premier.

Que retenir, maintenant, de ces quatre dernières semaines?

D'abord que nous ne faisons pas exception. Nous suivons bien les stades « classiques » de l'épidémie. Nous espérions en rester au second, à celui de la contamination importée, dite verticale. Nous en somme, hélas, au troisième, à l'«horizontale» où le virus circule, librement et indéfiniment, entre locaux. En chiffres, cela se traduit par une hausse arithmétique (probablement exponentielle) du nombre de personnes atteintes... Et de victimes, malheureusement.

Pouvons-nous y échapper ? Dans le monde, pas vraiment d'exemple jusqu'ici. Tout ce que l'on peut faire, disent les spécialistes, c'est tests et confinements jusqu'à maîtriser la courbe infernale. Après moult hésitations, c'est le choix de l'Etat tunisien aujourd'hui. Le covid-19 frappera vite et fort dans l'attente. Dur, dur, nous verrons.

Nous verrons bien, d'autant que les autorités ont fort à faire encore pour persuader une population tour à tour en « alerte famine » ou en « pleine distraction ». Résultat : l'armée s'en mêle désormais, et la police redouble de sanctions. Si le confinement intégral n'est pas imposé, nous filons droit vers le scenario italien. Vers le pire, voilà où on en est.

Quid de « la com », enfin. Très prisée en ces temps de crise. Très active. Trop à notre avis. A tel point qu'elle se rend nocive tantôt. L'erreur courante est dans l'excès de recommandations. Principalement dans ce qui est l'absolue exclusive des médecins : les consignes « antivirales ». Celles-là sont pratiquement accaparées par nombre de confrères présentateurs et chroniqueurs avec pour conséquence que le public destinataire est finalement dérouté. Perdu même au lieu d'en tirer simplement profit.

Exemple de la liste des précautions à prendre. Il y a seulement quelques jours elle se limitait à deux, trois indications essentielles en provenance de l'Organisation mondiale de la santé. Elle en compte une bonne dizaine depuis. Mais des « officieuses », on s'en doute un peu. Des inventions de Youtube, des supputations d'animateurs. Comme « laisser chaussures et vêtements dehors », comme « désinfecter au chlore toutes provisions, tous aliments », comme « nettoyer sans faute smartphone, monnaies et clés » .Si compliqué que cela aboutit au résultat inverse. Le public, encombré, lassé, abandonne toute protection.

Plus de: La Presse

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