Tunisie: Il n'est plus maître de l'Afrique - Le football tunisien perd de la hauteur !

30 Mars 2020

Il fut un temps où, dans des stades avancés de la Ligue des champions et de la Coupe de la CAF, des clubs tunisiens restaient en course, à même de se croiser en fin de parcours.

A l'image d'un championnat local qui a perdu beaucoup de sa verve, les clubs tunisiens ont perdu la main cette saison sur les compétitions continentales et même à l'échelle arabe. C'est dire que la réalité a fini par rattraper le football tunisien qui, malgré une situation qui s'est dégradée durant cette dernière décennie (matches à huis clos et finances à l'agonie), lui arrivait de se faire une petite place au soleil. La participation de l'équipe de Tunisie à la phase finale de la Coupe du monde de Russie en 2018, le double sacre continental de l'Espérance de Tunis en 2018 et 2019, ponctué par deux participations successives à la Coupe du monde des clubs ont constitué des bouffées d'oxygène pour le football tunisien qui n'est plus aussi compétitif que les années 90 par exemple.

Bref, le fait que l'Espérance de Tunis ait été sacré champion d'Afrique en 2011, 2018 et 2019, que le Club Sportif Sfaxien et l'Etoile du Sahel aient remporté la Coupe de la Confédération respectivement en 2013 et 2015 et que l'équipe de Tunisie ait participé au Mondial de Russie en 2018 constituent des éclairs dans la grisaille d'une décennie qui connait la décadence du football tunisien. Cette saison, notre football quitte bredouille la Ligue des champions et la Coupe de la Confédération.

EST : la fin d'un cycle

Championne d'Afrique successivement en 2018 et 2019, l'Espérance Sportive de Tunis est tombée sur plus forte qu'elle cette saison, à savoir le club cairote d' Ezzamalek. Les Cairotes ont battu les Espérantistes en Supercoupe d'Afrique avant de les éliminer au stade des quarts de finale de la Ligue des champions. Un échec pour le champion d'Afrique en titre qui s'inscrit dans la logique. C'est la fin d'un cycle pour l'Espérance Sportive de Tunis qui, après avoir remporté deux fois de suite la Ligue des champions, a signé la fin d'un cycle glorieux. Il était normal qu'après deux sacres continentaux, la cote des joueurs grimpait et que les stars de l'équipe, sollicités de partout, succombaient à la tentation des offres alléchantes. Puis, sur le plan sportif, il était compréhensible que Youssef Belaili, Franck Kom, Saâd Bguir et autre Anis Badri aient envie de quitter le Parc B par la grande porte.

L'Etoile, victime de ses choix

Un autre club a quitté la C1 africaine au stade des quarts de finale. Il s'agit de l'Etoile du Sahel, éliminée par le finaliste de l'édition précédente, le Wydad Casablanca. En limogeant Juan Carlos Garrido, les dirigeants étoilés ont fait une erreur monumentale en termes de gestion sportive. Ils ont remercié un entraîneur qui a qualifié l'équipe première de son groupe aux quarts de finale de la C1 africaine. Un entraîneur qui a été justement recruté pour son expérience en Afrique. Le problème à l'Etoile du Sahel, c'est qu'on n'a jamais su construire à partir d'un succès. Depuis sa consécration en Coupe de la Confédération en 2015, les dirigeants étoilés pensaient qu'il suffisait de recruter un technicien étranger pour que la machine carbure. Le seul technicien étranger qui a réussi à construire quelque chose est Roger Lemerre, mais à chaque fois qu'il est venu, il a redressé la barre, mais n'a pas terminé le travail.

CSS : faute d'investissement

Depuis qu'il a connu des problèmes avec la Fifa à cause des impayés et des litiges, le Club Sportif Sfaxien n'investissait plus comme avant en joueurs étrangers et compte essentiellement sur les enfants du club. Or, pour jouer dans la cour des grands, il faut aussi investir en recrutements, en ramenant des joueurs de valeur.

Le Club Sportif Sfaxien, dont la dernière consécration continentale remonte à 2013 quand il a remporté la Coupe de la Confédération, a perdu beaucoup du terrain en Afrique. En témoigne sa participation cette saison : le parcours du CSS à la Coupe de la Confédération s'est arrêté cette année au premier tour.

USBG : manque d'expérience...

Le parcours de l'Union Sportive de Ben Guerdane s'est arrêté également au premier tour de la Coupe de la Confédération. Les Sudistes ont échoué dans l'épreuve continentale par manque d'expérience. Ils ne pouvaient pas aller encore plus loin faute de moyens.

Bref, le football tunisien a perdu de la hauteur sur la scène continentale. Cette saison, il n'y aura pas de clubs tunisiens en demi-finales ou en finale ni de la Ligue des champions ni en Coupe de la Confédération. C'est aussi une histoire de cycles qu'il faut savoir gérer pour repartir de nouveau.

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