Congo-Brazzaville: Confinement dû au Covid-19 - Les Brazzavillois quittent la capitale

Dans la matinée du 30 mars, les gares routières ont été prises d'assaut par la population qui ne souhaite pas passer la période de confinement dans la capitale.

« Ce ne sera pas facile de s'alimenter ici dans la capitale pendant les trente jours de confinement pour nous qui vivons de petits commerces qui seront d'ailleurs fermés. Il est mieux d'aller au village », a expliqué Clémentine Tsakala qui s'est battue, à la gare routière du Plateaux de quinze ans, pour se faire une place dans un véhicule de transport en commun en direction de Bouansa dans le département de la Bouenza.

La réalité a été la même à la gare routière du lycée Thomas-Sankara dans le septième arrondissement de la capitale où des milliers de Brazzavillois se sont attroupés le long de l'avenue, bagages en mains ou sur la tête, à la recherche d'un moyen roulant pour rallier l'arrière-pays. « Non seulement ce ne sera pas facile de s'approvisionner en aliments mais aussi au village on ne parle pas de contamination au Covid-19 jusque-là. C'est mieux de s'éloigner de la capitale tout en observant les mesures barrières édictées par le gouvernement », a fait savoir Adrien Ngakeni déterminé à quitter la capitale avec sa famille.

Pour leur part, les transporteurs ont saisi l'occasion de se renflouer les poches, les prix habituels ayant triplé. « Parmi les mesures annoncées par le président de la République, il y a l'interdiction de la circulation sur l'ensemble du territoire national. Et puisqu'aujourd'hui la demande est supérieure à l'offre, nous avons augmenté les prix pour avoir de quoi passer le confinement avec nos familles », a expliqué un transporteur à la gare routière des Plateaux de quinze ans. Ce dernier a par ailleurs expliqué que l'augmentation des prix de transport est aussi liée au fait qu'après avoir déposé les clients dans les villages de l'arrière-pays, ces véhicules reviennent vides. D'où la nécessité de combler la perte.

De façon générale, vingt-quatre heures avant le début du confinement devant les banques, dans les marchés et les gares routières, les Brazzavillois ont bravé l'interdiction des attroupements dépassant cinquante personnes. La distanciation sociale n'a pas été respectée du fait de l'urgence de se servir avant le confinement.

En réalité, le confinement va, certes, bousculer les modes habituels de vie pour stopper la propagation du Covid-19. Cela ne va pas pour autant arrêter la vie, puisque le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, a instruit la régulation des ventes sur les marchés domaniaux ainsi que le confinement à domicile de l'ensemble de la population, à l'exception de ceux qui travaillent à la fourniture des biens et services indispensables. Il y a donc des secteurs qui vont exercer assurément à plein régime mais de façon régulée.

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