Ile Maurice: Platform Stop Violans Kont Fam - «La justice ne doit pas être en quarantaine»

Coronavirus ou pas, les femmes victimes de violence continuent à subir les coups. Et en raison de la pandémie, elles ne peuvent trouver refuge dans un abri où l'on refusera de les accepter de peur qu'elles soient infectées au Covid-19 et infectent à leur tour les résidentes. Et elles ne peuvent rester à domicile où le confinement total exacerbe la violence...

Pour qu'elles ne continuent pas à être des victimes, la Platform Stop Violans Kont Fam demande à la ministre de l'Egalité du Genre de convertir un centre de femmes ou tout autre espace tombant sous sa tutelle en centre d'hébergement d'urgence et de quarantaine temporaire pour ces femmes et rappelle aux policiers que la justice n'est pas en quarantaine.

Confinement ou pas, cette plateforme demande au commissaire de police d'insister auprès des policiers pour qu'ils appliquent la loi en gardant les hommes violents à distance de leurs femmes ou compagnes. «Il faut à tout prix protéger les victimes. C'est le moment pour que le ministère de l'Egalité du Genre entre en jeu et que les policiers soient du côté des victimes», écrit la porte-parole de la Platform Stop Violans Kont Fam, Marie-Noëlle Elissac-Foy, dans un communiqué.

Elle rappelle aux forces de l'ordre que la violence domestique est un délit rendant passible d'arrestation, que la victime ait ou non un Protection Order. «Si la police est appelée pour un cas de violence conjugale, elle a le devoir d'emmener le conjoint violent en custody. La police aussi a le devoir de porter assistance à la victime et de l'emmener à l'hôpital pour des soins. Quant à l'agresseur, il sera entendu par le Bail & Remand Court, qui fonctionne toujours grâce à la technologie. Les cours de justice siègent à distance.»

Cette plateforme considère que le ministère de l'Egalité du Genre devrait diriger toutes les victimes de violence vers un centre de femme ou autre centre tombant sous sa responsabilité. Etablissement qui serait reconverti en centre d'hébergement et de quarantaine temporaire. «Si besoin est, il faut faire appel à la solidarité des entreprises mauriciennes pour fournir en matelas/literie et équiper les cuisines.»

En sus de demander une présence policière pour surveiller les lieux, la Platform Stop Violans Kont Fam demande que les victimes de violence bénéficient d'un suivi psychologique par téléphone par les fonctionnaires du ministère formés à cet effet ou par des psychologues du privé, qui donnent actuellement des consultations gratuites par téléphone. «L'urgence est de sortir les victimes de la situation de violence et d'éloigner les conjoints violents. Après la période de quarantaine, les victimes pourront intégrer de vrais shelters en toute sécurité.»

Plus de: L'Express

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