Sénégal: Respect de l'hygiéne et de la salubrité publique grace au service d'hygiéne - Du top au flop !

Les activités du Service d'hygiène se font de plus en plus rares sur le terrain. Aux contrôles réguliers dans les quartiers, boutiques, marchés, maisons et autres, il se fait plus sentir que lorsqu'il y a des épidémies comme actuellement le cas avec le coronavirus. Dans ce micro trottoir, les populations racontent les moments forts du service d'hygiène à l'époque et l'appellent à redorer son blason pour le bien-être de tous.

C'est au marché Grand Yoff qu'on l'a trouvé samedi dernier. Installé dans sa boutique, Ousmane Diop, bon pied, bon œil, donne un coup de main au magasin géré par son fils qui profite de la suspension des cours à l'université. Le magasin propose une gamme variée d'alimentation. On trouve du riz, de l'huile, des conserves et autres denrées du quotidien. Agé de 65 ans, Ousmane Diop est content de pouvoir parler du rôle du service d'hygiène à l'époque surtout qu'il a passé 34 ans de sa vie dans le commerce.

«A l'époque, le contrôle d'hygiène inquiétait tout le monde parce qu'il pouvait survenir à tout moment et mener à des sanctions si l'application des règles d'hygiène et de sécurité alimentaire est jugée insuffisante», raconte le sexagénaire. Mieux, dit-il, «les agents des services d'hygiène venaient de façon inopinée contrôler l'état des boutiques et voir si les marchandises ne sont pas périmées. Ils débarquaient même dans les maisons et nous interdisaient de verser de l'eau dans les rues. S'ils trouvent des ordures dans les maisons, ils n'hésitaient pas à te faire une amende. Ce qui fait que quand les gens apprenaient que les services d'hygiène sont dans le quartier, tout le monde fuyait», confie encore Ousmane Diop visiblement nostalgique de cette «belle époque».

Aujourd'hui, le vieux commerçant ne ressent plus le travail des services d'hygiène qu'il a toujours apprécié. Pour cause, dira-t-il, «il y'a un grand changement». «Actuellement, les boutiques vendent du café Touba, des omelettes, de la mayonnaise et du thon dans les pains. Egalement, il y'a certaines personnes qui habitent même dans leurs boutiques. Rares sont les boutiques qui respectent les règles d'hygiène. C'est une situation inquiétante», se désole Ousmane Diop. «Depuis 4 ans, je suis dans cette boutique sise à Grand Yoff mais je peux vous dire qu'ils ne sont venus que deux fois ici», déplore M. Diop. A quelques encablures du vieux commerçant, on retrouve Moussa Fall.

La cinquantaine révolue, il embouche la même trompette. «Je ne peux pas dire ce que je retiens des services d'hygiène aujourd'hui parce que je ne les vois même pas. Or, à l'époque, ils étaient tout le temps sur le terrain et si tu apercevais un seul agent du service d'hygiène dans le quartier, tu cours pour informer tout le monde et les gens en profitaient pour nettoyer les maisons, mais actuellement cela n'existe plus», explique le père de famille assis devant sa maison. Même constat chez Madame Guèye. «Aujourd'hui, la majeure partie des populations ne reconnait même plus les services d'hygiène, tu les vois, tu penses que c'est des douaniers, ou des agents des Eaux et Forêts. Or, avant, ils venaient désinfecter avec leurs pompes et parfois et nous offraient même des comprimés nivaquine», se rappelle l'ancienne institutrice trouvée dans un arrêt de bus.

Les populations réclament le retour des services d'hygiène

Pour cet agent commercial et grossiste du nom d'Ibrahima Diouf, il est temps que le service d'hygiène retrouve son lustre d'antan. «Les services d'hygiène ne contrôlent que les grandes surfaces. C'est la-bas qu'ils tirent profit. Ils ne se préoccupent pas de la population. Je vous le dis en connaissance de cause parce que je suis tout le temps sur le terrain. Dans cette lutte contre le coronavirus, ils devaient être en première ligne, désinfecter les quartiers et surtout sensibiliser les populations par exemple sur l'utilisation des gels hydro-alcooliques parce que beaucoup l'ignorent», laisse entendre le jeune homme croisé dans le quartier HLM Grand Yoff alors qu'il venait juste de livrer des boissons.

A son tour, Mme Guèye réclame également le retour des services d'hygiène. «On aimerait que les services d'hygiène viennent dans les boutiques de temps en temps parce que l'hygiène n'est pas trop respectée. Je pense aussi que le service d'hygiène ne doit pas attendre qu'il y'ait des maladies comme le coronavirus pour veiller à la salubrité publique, ils doivent être toujours présents et même après cette maladie, on souhaite que ça continue. C'est ça qui tend vers le développement et même les plus petits qui jouent dans les rues doivent savoir ce qu'est le service d'hygiène», martèle Mme Guèye. Selon Ousmane Diop, les services d'hygiène doivent veiller à ce que les boutiques respectent toutes les réglementations sur l'hygiène alimentaire.

«Ils doivent effectuer des contrôles réguliers dans les boutiques comme le veut l'Etat et partout même et exiger à ce qu'on ne verse plus de l'eau dans les rues parce que tout ça peut augmenter les risques de contamination surtout en cette période», conseille-t-il.

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