Congo-Kinshasa: Kinshasa - Les adeptes de Ne Mwanda Nsemi et les policiers s'affrontent sur la voie publique

Les militants du leader politico-religieux Ne Muanda Nsemi ont défié la police, le matin du 30 mars, sur l'avenue Benseke, dans le quartier Ma Campagne à Kinshasa, pour des raisons non encore élucidées.

La secte mystico-religieuse Bundu dia Kongo (BDK) que l'on croyait réduit au silence il y a quelques mois après l'escapade de son leader qu'on ne sait plus dorénavant localiser, a curieusement refait surface ce week-end. Le samedi 28 mars, alors que la ville était quasi paralysée à la suite de la controverse suscitée par la mesure de confinement décrétée par l'autorité urbaine, les adeptes du gourou Ne Mwanda Nsemi ont trouvé là une opportunité pour se livrer en spectacle. Ils étaient près d'une centaine, ces militants de BDK, à investir la rue, bien trempés dans leur uniforme et arborant des insignes dont ils étaient les seuls à en connaître la signification.

Entre la résidence de leur chef spirituel et le cimetière de Kintambo, situés dans les mêmes périmètres, ces fidèles-lieutenants de Mwanda Nsemi faisaient des fréquents aller et retour, se permettant de réquisitionner le quartier Ma campagne livré à leurs fantasmes. Aucun des habitants du quartier n'a osé sortir, tétanisé par cette présence insolite qui présageait un mauvais vent. C'est dans cette atmosphère lourde que s'est achevée cette démonstration de force. Le lundi 30 mars, dans la matinée, les mêmes fidèles de BDK ont tenté de récidiver dès l'aube, en quittant leur bunker pour s'établir au niveau de la station Ma Campagne au grand dam de la population.

Il fallait disperser cet attroupement circonstanciel qui ne cadre pas avec les mesures préventives contre la pandémie. Il y a eu d'abord altercation entre policiers et adeptes de BDK, suivie des gaz lacrymogènes et des coups de feu d'une rare intensité. Les jets de pierre et autres fétiches n'ont pas eu raison de la détermination de la police à les déguerpir du lieu. Pour l'heure, l'objectif de cette sortie des adeptes de Mwanda Nsemi reste encore inconnu.

Une source proche du mouvement explique qu'il s'agissait d'un rituel pour célébrer l'anniversaire du chef spirituel qui totalise, depuis le 24 mars, 70 ans d'âge. «Nous célébrons parce qu'il a une mission. Il a été envoyé pour sauver la race noire. Observez aujourd'hui, tout le monde a peur. Les occidentaux ont fabriqué Ebola et aujourd'hui, c'est le coronavirus. Les morts sont sortis du cimetière pour lui demander de les délivrer », a dit un adepte. Le patron de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo, a une autre version : « Hier, ils ont barricadé la voie publique. Nous avons envoyé les gens pour leur dire qu'ils n'en avaient pas le droit. Ils nous ont répondu qu'ils étaient en train d'arranger la route. On était surpris ce matin, ces gens ont quitté la résidence du gourou en chantant. Ils disaient qu'ils se rendaient au rond-point Kintambo Magasin pour chasser le coronavirus. Ils avaient prévu de faire des rites à cet endroit ». Entre-temps, une forte présence policière est placée sur les lieux afin d'y maintenir l'ordre et assurer la sécurité sanitaire de la population.

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