Cote d'Ivoire: Période du Coronavirus - "Pas de chômage partiel" pour des filles de joie à Bingerville

Les clients sont devenus rares. Le risque sanitaire est une réalité. A Bingerville, la situation provoquée par le Covid-19 touche aussi l'activité des prostituées. Cependant, ces filles ne veulent pas suspendre « leur gagne-pain » pour rien au monde.

C'est le cas de Syntiche rencontrée sur son lieu de travail dans le quartier Gbagba Nord à Bingerville. « Monsieur, vous avez arrêté votre travail parce qu'il y a la maladie à coronavirus ? », interroge-t-elle. Et de poursuivre : « Si j'arrête qui va me nourrir ? C'est mon travail. C'est vrai, il y a la maladie, mais nous ne pouvons pas arrêter. Avec nous, il n'y a pas de congés techniques. Au contraire, d'autres hommes viennent passer du temps avec nous pour se refaire le moral », argumente-t-elle.

Blandine la blonde abonde dans le même sens : « Depuis que l'on a annoncé cette maladie (Covid-19), certains de nos clients ne viennent plus pour la simple raison que nous recevons différentes personnes. Donc, ils préfèrent s'éloigner le temps que la maladie passe. Mais, nous ne pouvons pas arrêter. Nous ne sommes pas des fonctionnaires pour dire, même si nous ne travaillons pas, nous serons payés ». Pour elle, pas question de fermer « ses jambes » pour n'importe qu'elle raison. « C'est mon café-cacao », affirme-t-elle.

Assises chacune devant sa chambre de passe, ces jeunes filles, belles les unes que les autres, cette nuit du dimanche 29 mars 2020, dans le quartier Berlin, attendent de potentiels clients.

« Bonsoir joli garçon. Tu viens avec moi ? Une fois sans capote 5000 FCfa, avec capote 1000 FCfa. Si tu veux aussi les préliminaires, tu ajoutes 500 FCfa. Avec moi, tu seras satisfait », dit une prostituée qui a pour pseudonyme « Nounou ». Elle invitait ainsi un jeune homme qui hésitait à entrer dans la zone à l'ampoule rose. Il était 19h 27 min.

De 18h à l'heure du couvre-feu (21h), ces filles jointes par téléphone plus tard, pour certaines, ce sont deux, trois ou quatre clients qu'elles ont satisfaits. « Cette nuit, au moins j'ai eu quatre clients. Sinon cela fait une semaine que je n'arrivais pas à en avoir. On dirait que votre visite m'a apporté de la chance », explique Bamba Ami.En somme, ces filles de joie, malgré cette situation où des activités sont stoppées, ne comptent pas mettre la clé sous le paillasson. En tout cas pas de chômage technique pour ces prostituées en cette période où le Covid-19 règne en maître dans le monde.

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