Mali: Faible participation aux législatives

Illustration-Législatives au Mali

Le premier tour des élections législatives a été marqué par une faible participation des électeurs. La société civile a livré ses observations au lendemain du vote.

Le Mali a officiellement annoncé ce lundi (30.02.2020) avoir enregistré cinq nouveaux cas de coronavirus dont quatre à Bamako. Cela porte à 25 le nombre total d'infections dans le pays à ce jour et plus de 500 personnes supposées avoir eu des contacts avec les porteurs du virus sont sous surveillance.

C'est dans ce contexte que le premier tour des élections législatives s'est déroulé dimanche (29 mars). Reportées à plusieurs reprises depuis deux ans, ces élections devaient permettre de renouveler les 147 sièges du Parlement.

Des graves incidents ont été enregistrés

Entre la peur de l'infection au coronavirus et l'insécurité sur le terrain, les élections législatives ont eu lieu. Au lendemain de ce premier tour, de nombreux problèmes sont signalés, notamment à l'intérieur du pays.

Dans la région de Tombouctou, où le chef de file de l'opposition Soumaila Cissé a été enlevé le 25 mars avec quelques-uns de ses collaborateurs, les opérations électorales n'ont pas pu se tenir dans plusieurs bureaux de vote.

Comme le confirme Yehia Tandina, responsable à Tombouctou de l'Union pour la république et la démocratie (URD), dont Soumaila Cissé est le président.

"Les élections n'ont pas pu se tenir à cause de l'insécurité. Le cas de Goundam par exemple ou toute la zone de Tonkra, de Douetiré - ce sont des communes favorables au candidat Soumaila Cissé - là les élections n'ont pas pu se tenir. Nous regrettons également que des responsables du parti et certains présidents de bureaux de vote aient été enlevés et que jusque-là, nous n'ayons aucune information concernant leur santé", a-t-il confié à la DW.

Yehia Tandina confirme par ailleurs, que le président de l'URD Soumaila Cissé était donné élu dès le premier tour de ces élections, sur la base des chiffres provisoires.

L'insécurité et le Covid-19 ont un impact sur la participation

Fort de ses 1.145 observateurs, le Pôle d'observation citoyenne du Mali (Pocim) dit avoir noté une faible participation des électeurs.

Ibrahima Sangho, président de cette plateforme, pointe non seulement l'insécurité et la peur de la contamination au coronavirus mais aussi des problèmes liés aux listes électorales.

"Le taux de participation était faible. Cela dépend de plusieurs paramètres. Il y a d'abord l'insécurité, un peu le coronavirus mais il y a beaucoup de listes "contre-nature" qui ont désorienté les électeurs et qui empêchaient les gens d'aller voter lors du premier tour des législatives", indique-t-il.

Réagissant aux difficultés signalées, la Commission électorale dit qu'elle n'est pas tout à fait surprise. Mais son président, Amadou Ba, assure que les mesures de précaution contre le coronavirus ont été respectées d'une manière générale.

"Nous nous attendions effectivement à ce que sur l'ensemble du territoire, il y ait des zones avec des difficultés pour voter mais nous attendons les chiffres. Concernant le coronavirus, je sais que le ministère de l'Administration territoriale a mis les moyens pour que les centres et bureaux de vote soient dotés de kits de lavage des mains et de gels pour désinfecter. Alors nous, nous avons circulé dans les bureaux de vote à Bamako et à Kati mais j'avoue que c'est dans un seul centre de vote qu'il y avait des difficultés à voir ces instruments sanitaires. Alors je pense quand-même que sur l'ensemble du territoire, j'ai même fait vérifier à Kidal, on m'a dit qu'il y avait des bouilloires et du savon pour que les gens puissent se laver les mains et voter", constate-t-il dans une déclaration à la DW.

Les résultats de ce premier tour des législatives sont attendus dans les prochains jours. Un second tour devrait avoir lieu le 19 avril.

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