Cote d'Ivoire: Interdiction d'entrer à Abidjan - Les entrées nord et est bouclées !

Le corridor de Yopougon Gesco, connu pour sa grande affluence quotidienne, a changé de visage. Lundi 30 mars, premier jour d'application de la décision du gouvernement de l'isolement de la ville d'Abidjan, nous avons pu constater qu'aucun véhicule de transport de personnes qui marquent habituellement des arrêts pour prendre les derniers passagers ou permettre à leurs clients de faire leurs achats ne sont présents.

La preuve que le message est bien passé ! Au point que les vendeurs à la criée se tournaient les pouces sur place. Les quelques marchandises, notamment les baguettes de pain, boîtes de conserve et autres qu'ils comptaient écouler rapidement comme d'habitude étaient encore disponibles et en quantité suffisante. « Depuis ce matin, je n'ai pas pu vendre six baguettes de pain à cause de l'interdiction des cars de transport à destination de l'intérieur du pays de circuler. Habituellement à cette heure de la journée, j'étais à mon deuxième tour de cent pains au moins », regrette Awa Dembélé. Selon cette femme qui essaie de proposer sa marchandise aux usagers des véhicules personnels, si le premier jour est ainsi, c'est que les prochains seront encore plus difficiles pour eux.

Au fait, il faut prendre l'axe Abidjan-Yamoussoukro pour comprendre l'inquiétude de cette dame. Sur cette voie, le flux de véhicules a drastiquement baissé. A part quelques mini cars en provenance d'Attinguié qu'il nous a été donné de voir, tout le reste des véhicules étaient des poids lourds. C'est-à-dire des camions de transport de marchandises, de collecte d'ordures, de sables, etc. « La mesure prend effet aujourd'hui (Ndlr, hier) et notre équipe est sur place pour la faire respecter », affirme le commissaire général Joseph Yao Kouamé, directeur général adjoint de la police, qui supervise les opérations au niveau du Pk 30. Depuis leur présence en ces lieux, aucun véhicule de transport de personnes n'a, selon lui, été aperçu. « Nos populations respectent la mesure parce que nous n'avons pas encore vu pointer de véhicule de transport de personnes.

De toutes les façons, nous avons installé un corridor au Pk 34 pour faire retourner toutes les voitures non autorisées et éviter l'engorgement du Pk30. C'est à partir de là que toutes les voitures frappées par la mesure seront refoulées », assure-t-il. Comme l'officier général de la police, le commissaire principal du district de police d'Abobo, Olivier Dosso, superviseur du corridor d'Azaguié, veille au grain. Selon lui, la consigne est claire et sera appliquée tout le temps nécessaire. « Pour l'heure, aucune voiture, à part celles autorisées, n'aura droit à passer », dit-il avec fermeté. Pour le commissaire principal, le corridor d'Azaguié a enregistré quelques cas. Certaines personnes jouant les malins plaident, en effet, pour passer la barrière dans l'espoir d'avoir un véhicule en « auto stop » pour poursuivre leur voyage. « Nous avons fait retourner avec courtoisie toutes les personnes qui sont à pied et qui tente de nous dissuader. C'est le premier jour et tout début est difficile. A la longue, ils comprendront », espère-t-il.

Contrôle médical obligatoire

Qu'ils soient conducteurs, convoyeurs ou même simples passants, toutes les personnes qui doivent franchir les deux postes de contrôle sont soumis au test médical. Une équipe de l'Institut national d'hygiène public (Inhp) est en alerte pour prendre la température des usagers, les soumettre au lavage des mains avant de remonter dans leurs véhicules pour poursuivre leur route. Golli Konan Athanase, infirmier à l'antenne de l'Inhp de Yopougon, et son équipe veillent à l'application de la consigne au poste de contrôle de l'autoroute du Nord.

Ici, lorsque l'usager arrive, il descend de son véhicule et fait prendre sa température par l'agent de santé, selon M. Golli. Une fois que cette température est au-delà de 38°c, l'usager est soumis un certain nombre de questions afin de permettre aux agents de disposer de certaines informations recherchées dans le cadre de la lutte. Une fois que les réponses confirment les symptômes du coronavirus, le malade est enregistré et référé à la hiérarchie. Pour cet homme qui travaille avec deux collaboratrices, c'est un véritable plaisir de mener cette action surtout que les usagers acceptent de coopérer.

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