Congo-Kinshasa: Heurts avec la secte Bundu dia Kongo sous fond de lutte contre le coronavirus

En RDC, une procession de la secte Bundu dia Kongo a été réprimée. Au moins quatre adeptes ont été tués, selon certaines sources, lors des heurts entre la police et les adeptes qui, par leur marche, disaient vouloir chasser le Covid-19.

Les heurts ont duré plus de trente minutes en plein quartier résidentiel et huppé, à Ma campagne. Selon le commissaire divisionnaire adjoint, Sylvano Kasongo, chef de la police dans la capitale, les affrontements ont éclaté lorsque plus de 300 adeptes, selon ses chiffres, ont afflué vers un rond-point pour des pratiques mystico-religieuses.

« Nous sommes dans la lutte pour chasser le coronavirus, c'est très inapproprié. Nous sommes dans une période où on nous demande que les gens se confinent. Il ne faut pas qu'il y ait d'attroupements, sinon la maladie sera propagée », explique Sylvano Kasongo.

Mais ce qui irrite Philippe Kibangu, le secrétaire général du mouvement Bundu dia Kongo, c'est l'usage disproportionné de la force par la police : « Il y en a même qui disent qu'ils étaient une centaine. C'est faux ! Vous allez utiliser les armes contre des gens qui ne sont pas armés. »

Contradictions dans les bilans

Les membres de Bundu dia Kongo démentent avoir fait preuve de violences. Leurs armes, ce sont des bâtons et des produits mystiques qui font des blessés et des morts, rétorque une source policière très inquiète.

Comme lors de précédents épisodes, c'est Joseph Olengankoy, président du Conseil national de suivi de l'accord de la Saint-Sylvestre (CNSA), qui a pris langue avec Ne Mwanda Nsemi, pour calmer les tensions. Le gourou est resté confiné dans son palais, sans rejoindre ses adeptes. Si la police dément catégoriquement des pertes en vie humaine, Joseph Olengankoy, affirme avoir évacué des blessés à l'hôpital.

Des blessés, qui nécessitaient, selon lui, « des interventions chirurgicales ». Il déplore les incidents : « Vous savez, dans un État, il y a un pouvoir. Et on ne peut pas aller à l'encontre du pouvoir. Ce qui est arrivé, c'est dommage. Quant à cette période, on a besoin de faire lutte contre le coronavirus. »

Ce lundi soir, les bilans restaient contradictoires. Le camp Ne Mwanda Nsemi évoquent cinq morts et dix blessés. Une source sécuritaire a fait un décompte de quatre tués par balles dans les rangs des adeptes. Officiellement, la police dément toute victime.

Plus de: RFI

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