Ile Maurice: Écoles fermées - Examens chamboulés ?

Au collège Doha, à Eau-Coulée, aucune ré- ponse ne sera donnée à l'administration jusqu'au 3 avril. «On a annoncé la fin du confinement pour le vendredi 3 avril. Toutes nos activités dépendront de la décision du gouvernement de prolonger le confinement ou pas», confie le recteur de l'établissement, Osman Jambocus. Entretemps, afin que les élèves ne soient pas pénalisées, ils ont la possibilité de suivre des classes en ligne sur une plateforme gérée par les enseignants du collège. «Cette plateforme a été conçue bien avant le confinement, elle consistait à maintenir la communication entre les enseignants et les élèves durant les vacances et les congés forcés. Ce sont majoritairement les élèves du School Certificate (SC) et le Higher School Certificate (HSC) qui en font usage», poursuit-il.

Mais en raison de la situation, la direction du collège a jugé impératif d'étendre ce service aux autres élèves. «Il est important que les élèves en grade 9, qui prendront part au National Certificate of Education (NCE) d'être suivis par leurs enseignants. De ce fait, cette plateforme leur est également accessible.» D'ailleurs, en ce qui concerne le NCE, le recteur n'y comprend pas grand-chose. «Pour l'heure, rien nous a été communiqué par le ministère. Nous attendons toujours des directives mais nous continuons à préparer les collégiens», souligne Osman Jambocus.

«Définitivement, le syllabus ne sera pas complété dans les temps, et du coup il va falloir s'acclimater. Il existe déjà un énorme retard...»

Mais dans d'autres établissements secondaires, à l'instar du Curepipe College, une décision a déjà été prise. «En raison des multiples jours de congé à cause du mauvais temps, nous avions déjà décidé d'annuler les examens internes du premier trimestre», indique Raj Sewpal, le recteur. L'administration avait comme projet de mettre à jour un système de données afin de permettre une communication constante avec les élèves durant les congés forcés et le confinement. «Malheureusement, la situation actuelle ne nous a pas permis de terminer ce travail. Nous voulions mettre à jour les numéros de contact de tous les parents», poursuit le chef de l'établissement.

Néanmoins les enseignants se font un devoir d'accompagner virtuellement leurs élèves. Raj Sewpaul se dit également inquiet pour les collégiens qui prendront part aux examens cruciaux. «Nous avons des élèves qui participeront cette année aux examens nationaux et ceux de Cambridge», dit-il. D'ajouter que plusieurs sont à leur deuxième tentative au SC, en vue d'obtenir les 5 «credits» nécessaires pour aller en HSC. Parmi eux, ceux qui voulaient prendre part au GCE O Level au mois de juin.

Ce chamboulement, des enseignants le vivent aussi. «Pour l'instant, l'administration de l'école ne nous a rien dit. Définitivement, le syllabus ne sera pas complété dans les temps, et du coup il va falloir s'acclimater», confie une enseignant du secondaire. «Il existe déjà un énorme retard rien que dans le cadre du premier trimestre.»

En ce qui concerne les écoles primaires, Sawmynaden Sunassee, le président de la Mauritius Head Teachers Association, dit attendre des directives du ministère de l'Éducation. «Il faut une décision mais nous ne pensons pas que des examens interne auront lieu», avance-t-il. «Les enseignants ont à peine pu travailler le programme scolaire durant ce trimestre en raison du mauvais temps et du confinement.»

Selon ce dernier, une fois la situation retournée à la normale, il faudrait songer à réduire le nombre de jours de vacances afin de rattraper les retards. «Il va falloir tout reprendre à zéro lors de la rentrée. D'ailleurs, même les examens du Primary School Achievement Certificate devront être repoussés. Un enfant ne pourra pas absorber en l'espace d'un ou deux mois, ce se fait en un an.»

Les écoles du Service diocésain de l'éducation catholique (SeDEC), quant à elles, ne font pas d'examen lors du premier trimestre. «Nous privilégions plutôt des évaluations continues les premiers mois de l'année», confie une Deputy Head Mistress dans un établissement situé dans le Sud. Entre-temps, afin de garder un œil sur les enfants, les instituteurs restent en contact avec les parents et les conseillent également de faire leurs enfants suivre des leçons données à la radio.

Quelles solutions ? Pour Bashir Taleb, porte-parole de la fédération des managers des collèges privés, il estime qu'il faudra se reconditionner l'année prochaine. «Il est clair que cette année scolaire est chaotique. Apres le mauvais temps, voici le confinement. Nous avons un retard considérable dans nos programmes et il faudrait qu'on s'y adapte l'année prochain», dit-il. Pour ce faire, il demande à déployer les grands moyens. «Plusieurs seront sans doute contre cette idée mais moi je suis d'accord de rallonger les heures de classes afin de rattraper toutes ces semaines perdues», déclare-t-il. Même son de cloche au niveau de la Government Teachers Union. «Il existe des moyens. Des vacances pourraient être annulées», estime Vinod Seegum, président du syndicat.

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