Burkina Faso: Décédé du COVID-19, Saaba s'oppose à son enterrement

Kantigui a appris que le corps d'un patient, décédé des suites de COVID-19, le mercredi 25 mars 2019, aurait fait l'objet de polémique à Saaba, à quelques encablures de Ouagadougou.

En effet, la population se serait opposée à son enterrement dans la localité pour la simple raison que le corps est susceptible de propager la maladie. La famille du défunt se serait rendue au cimetière de Toudoudwéogo à l'arrondissement 4 de Ouagadougou pour l'inhumer.

Et ce, grâce à l'aide des proches résidents dans ledit arrondissement. Pourtant, le défunt, à en croire la source de Kantigui, un proche d'un dignitaire de l'ancien régime, vivait à Saaba depuis une trentaine d'années. Kantigui qui déplore cette situation invite les Burkinabè à toujours réserver le respect dû aux morts et à ne pas verser dans la stigmatisation.

Démêlés d'un citoyen avec la gendarmerie de Dan

C'est avec amertume qu'un citoyen a raconté à Kantigui, ses déboires qu'il a eus avec la gendarmerie de Dan, dans la province du Houet. Alors qu'il se rendait à Bondjigui, à environ 90 km de Bobo-Dioulasso, dans l'après-midi du 26 mars 2020 pour une urgence, la moto de l'interlocuteur de Kantigui est tombée en une panne, à quelques kilomètres de Klesso.

Il trouvera solution une trentaine de minutes avant l'heure du couvre-feu (19h). « J'ai appelé un contact du milieu des FDS pour savoir ce que je devais faire pour ne pas enfreindre la loi.

Il me conseilla de chercher le poste de sécurité le plus proche pour exposer ma situation afin qu'on puisse me donner les consignes à suivre », a-t-il signifié à Kantigui. A l'entrée de Dan, à environ deux kilomètres du poste de gendarmerie, il recevra, sans autre forme de procès, pendant qu'il était juché sur sa moto, un coup de fouet d'un homme, puis de deux autres, tous en tenues civiles, armes en bandoulière. « Je me suis arrêté pour comprendre ce qui se passait.

C'est là qu'un de mes bourreaux, après un coup violent, s'est présenté en me disant : gendarmerie de Dan, c'est le couvre-feu », a raconté l'informateur. Kantigui appelle les uns et les autres à la responsabilité afin de préserver la collaboration tant recherchée entre populations et forces de défense et de sécurité.

COVID-19 : le MPP a son comité de crise

Il est tombé dans l'oreille de Kantigui que le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a mis en place un comité de crise et de veille pour lutter contre le COVID-19 au Burkina Faso. Cette cellule, composée de 20 membres, est chargée, non seulement de suivre l'évolution de la pandémie et la mise en œuvre des missions édictées par le gouvernement, mais aussi, d'évaluer les conséquences de la maladie sur l'économie, la culture, le politique et la sécurité et d'assurer le rôle de veille et d'alerte.

Présidé par Moussa Boly, 4e vice-président, chargé des relations religieuses et coutumières du parti, le comité de crise peut faire appel à d'autres compétences en fonction des sujets évoqués à l'ordre du jour. Kantigui salue cette initiative qui vient s'ajouter aux efforts déployés par les autorités nationales pour contenir la propagation de la maladie.

Quid du discours sur la situation de la Nation?

Le Discours sur la situation de la Nation (DSN) que le Premier ministre prononce chaque année devant le Parlement était censé se tenir en ce début du mois d'avril. Mais selon une source bien introduite contactée par Kantigui, ce deuxième devoir de redevabilité de Christophe Joseph Marie Dabiré depuis sa prise de fonction risque fort d'être reporté, au regard du contexte sanitaire difficile que traverse le Burkina Faso.

La source de Kantigui a toutefois précisé que pour l'instant, rien n'est décidé. L'Assemblée nationale, dont la session court toujours devait, en principe, décider, en réunion de la conférence de ses présidents, du maintien ou du report du DSN. Kantigui pense qu'il sera difficile que cet exercice ait lieu si la situation ne s'améliore pas, ce d'autant plus que les rassemblements de plus de 50 personnes sont interdits alors que l'Assemblée nationale compte 127 députés.

Des décorés sans bonification d'échelon

Kantigui a eu vent de ce que des agents de la Fonction publique, notamment des blessés du putsch manqué du 16 septembre 2015, décorés à titre exceptionnel dans l'Ordre national en décembre 2015 n'auraient pas eu droit à une bonification d'échelon au ministère de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENA/PLN).

Le motif, la loi n'aurait pas prévu de bonification pour ce type de décoration, selon un des responsables des finances dudit département. Cependant, Kantigui a appris que des agents, décorés dans la même circonstance, ont déjà bénéficié d'une bonification d'échelon. Kantigui espère qu'une solution sera trouvée pour ces récipiendaires qui le méritent bien.

COVID-19 : le maire de Fada, seul au front

Kantigui, de retour d'une mission dans la Tapoa, a séjourné à Fada N'Gourma. Très intéressé par l'actualité relative à la pandémie du coronavirus, il a constaté que la municipalité de cette ville a initié une vaste campagne de sensibilisation au respect des mesures préventives même si la région de l'Est n'a enregistré aucun cas, à ce jour.

Cependant, Kantigui s'est rendu compte que le bourgmestre de la commune de Fada N'Gourma, Jean Claude Louari, est seul au front de la sensibilisation pour prévenir toute éventualité. Pourquoi n'est-il pas accompagné de ses collaborateurs du conseil municipal, ce d'autant plus que le maire est à sa nième sortie, hier mardi 31 mars 2020, pour expliquer à la population la nécessité d'adopter des comportements responsables.

Kantigui appelle les acteurs à l'union sacrée pour barrer la route à la pandémie dans la commune de Fada, en particulier, et dans la région de l'Est, en général.

Une initiative pour les industries pharmaceutiques nationales

En ces temps où tout tourne au ralenti, Kantigui a eu vent d'une belle initiative qui vient de voir le jour au pays des Hommes intègres. En effet, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale d'industrialisation (SNI) et de la lutte contre la pandémie du COVID-19 au Burkina, le gouvernement, à travers le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat a lancé hier mardi 31 mars 2020 à Ouagadougou, l'Initiative de renforcement des capacités productives des PME et PMI burkinabè intervenant dans le domaine pharmaceutique et biomédical (IRCP-PHARMA).

Il s'agit, selon la source de Kantigui, d'un dispositif endogène pour relever le défi de l'approvisionnement du pays en produits pharmaceutiques de base et désinfectants sanitaires tels que les gels et solutions hydro alcooliques, les masques, les gants, des appareils spécifiques. Aux dires du confident de Kantigui, le coût global de l'initiative est de 5 milliards F CFA et la phase pilote mobilise 750 millions de nos francs. Ainsi, le gouvernement entend contribuer à relever le défi de l'approvisionnement en produits pharmaceutiques, mis à mal par la dépendance du pays de l'extérieur.

Des informations obtenues par Kantigui, il ressort que plus de 90% des produits pharmaceutiques utilisées au Burkina Faso sont importés et la fermeture des frontières couplées au ralentissement de la production industrielle à l'échelle mondiale compromettent dangereusement la disponibilité des produits pharmaceutiques.

Kantigui a également appris que pour mobiliser le financement, le ministère compte sur des ressources endogènes, à travers des dons de patriotes engagés dans le soutien de la lutte contre le COVID-19 et la création de valeur ajoutée locale au Burkina Faso. Dans cette perspective, un appel est lancé à tous les donateurs volontaires.

C'est dans ce sens que Kantigui a appris que Coris bank international a déjà fait un don d'une valeur de 100 millions F CFA pour soutenir l'initiative. La Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), structure faitière du secteur privé, a été identifiée pour assurer la seine gestion comptable et financière de l'opération.

Plus de: Sidwaya

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