Madagascar: Entreprises franches - « Tous les marchés extérieurs sont fermés », se plaint Hery Lanto Rakotoarisoa, président du GEFP

Les entreprises franches membres du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) sont actuellement en très grande difficulté.

« Certaines entreprises franches ont procédé à un chômage technique partiel, d'autres sont en cessation d'activité », selon Hery Lanto Rakotoarisoa, président du GEFP.

En effet, « la grande majorité de notre production est destinée à l'exportation, alors que tous les marchés extérieurs sont en ce moment fermés à cause de la propagation du coronavirus. A titre d'illustration, le marché européen, notamment français, est complètement fermé. Toutes les commandes ont ainsi été annulées à cause des mesures de confinement. Tout récemment, l'Afrique du Sud a arrêté d'importer des produits textiles venant de Madagascar. Et dans le cadre du marché de l'AGOA, les Etats-Unis commencent également à fermer leurs frontières pour tous les produits catégorisés non essentiels. Ainsi, même si les entreprises franches continuent à tourner, leur production ne trouve plus de preneur, la faute aux blocus sur le marché international », se plaint Hery Lanto Rakotoarisoa, le président du GEFP.

Plan de relance économique. Il faut savoir que la majorité de ces entreprises franches exportent en Europe, et en particulier en France. Sur les 106 entreprises franches membres de ce groupement, plus de la moitié opère dans le secteur textile. « Certes, l'Etat a pris des mesures servant à soutenir le secteur privé face à cette crise sanitaire en ajournant les échéances fiscales et sociales, ce qui lui coûtera près de 116 milliards d'ariary. Mais il est aussi grand temps de se pencher sur l'élaboration d'un plan de relance économique de Madagascar. Même le système des Nations Unies et l'Organisation mondiale de sa Santé en particulier reconnaissent que l'après-crise sanitaire sera encore plus dramatique pour les pays en voie de développement si l'on ne soutient pas dès maintenant leur secteur privé pour le redémarrage économique », a-t-il poursuivi.

150 000 emplois. Notons que les entreprises franches membres du GEFP ont fait tout leur possible pour préserver leurs 150 000 emplois. « Des entreprises franches opérant dans le secteur des centres d'appels collaborent, entre autres, avec l'administration pour répondre aux appels reçus sur les numéros 910, 913 et 914. D'autres industries du textile s'engagent également à confectionner des masques de protection. Nous assurons tout simplement la production, mais la gestion de ces masques de protection revient au ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat », a précisé Hery Lanto Rakotoarisoa.

En cessation d'activité. Il existe cependant des entreprises franches qui ont procédé au chômage technique partiel. « Certaines d'entre elles ont sollicité leurs employés à prendre un congé, voire même un crédit de congé, pour ce mois d'avril. Concernant le transport, comment une entreprise localisée à Ivato, et employant entre 1 000 à 3 000 personnes, pourrait-elle transporter tous ses employés alors que dans un bus de 25 places, on n'autorise que 8 personnes ? C'est irréaliste. Par ailleurs, les dispositions annoncées par l'Agence de transport terrestre sont interprétées autrement par les éléments des forces de l'ordre qui érigent des barrages. C'est difficile de continuer à travailler dans ces conditions. Nous ne disposons pas de statistiques concrètes, mais il y a également des entreprises franches qui sont en cessation d'activité en raison de cette crise sanitaire », a-t-il conclu.

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