Libye: Situation très tendue après le tir d'un missile turc

A l'heure où l'attention internationale se concentre sur les efforts déployés pour lutter contre le Covid-19, rien ne semble freiner la guerre en Libye. On assiste à une intensification des combats depuis une semaine en dépit des appels internationaux à une trêve en raison du coronavirus.

Ce mercredi, pour la première fois, une frégate turque au large de Tripoli est intervenue directement. En lançant un missile visant un drone de l'Armée nationale libyenne dirigée par Khalifa Haftar. Jusqu'ici l'intervention turque se limitait à l'envoi de mercenaires, de drones et de matériels militaires aux alliés libyens de Tripoli. Ce développement marque un revirement qui risque de mener à une guerre régionale.

A plusieurs reprises les Nations-Unies ont mis en garde contre un embrasement régional en Méditerranée en raison de la crise libyenne. Aujourd'hui, des voix s'élèvent dans le camp de Khalifa Haftar demandant à l'Egypte d'intervenir directement pour contrer la Turquie. Des sites d'informations proches des autorités turques revendiquent l'attaque et diffusent des photos du lancement du missile. Un sol-air RIM-66 E, de fabrication américaine.

Message envoyé aux Européens ?

D'autres photos en Libye montrent le missile tombé à Ejeilat, dans une ferme, à 80km à l'ouest de Tripoli, sans exploser et sans faire de dégâts.

C'est un « revirement dangereux » a affirmé Ahmad al Mismari, porte-parole de l'armée nationale libyenne. Plusieurs observateurs ont considéré qu'il s'agissait là d'un message turc à l'adresse des Européens qui viennent de lancer l'opération «Iriné» en Méditerranée. Elle vise à contrôler le trafic d'armes vers la Libye. Contrôle qui s'effectuera aussi par satellite, selon l'Union européenne.

Tripoli a accusé l'UE de vouloir contrer son allié turc tout en fermant les yeux sur les livraisons d'armes opérées par les alliés de Khalifa Haftar.

Plus de: RFI

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