Tunisie: Point sur la situation épidémiologique - Et si le pays parvenait à contrôler l'épidémie ?

2 Avril 2020

Alors que le mois d'avril s'annonce crucial pour les efforts nationaux portant sur la lutte contre le coronavirus, la Tunisie semble maîtriser de plus en plus la propagation de la pandémie sur son territoire malgré l'augmentation des cas de contamination, mais à une vitesse contrôlable.

En dépit de quelques infractions et lacunes enregistrées au niveau de l'application des dispositions du confinement total décrété il y a dix jours par le Président de la République et prolongé jusqu'au 19 avril, les autorités sanitaires poursuivent, en effet, leur guerre contre ce virus qui a touché pratiquement tous les pays du monde.

En tout cas, les dernières informations issues de l'Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes font croire à une situation épidémiologique stable, dans la mesure où le volume et la vitesse des cas enregistrés quotidiennement sont toujours sous contrôle. Selon un dernier bilan présenté par le ministère de la Santé, trente-deux cas de coronavirus ont été enregistrés, portant à près de quatre cents le nombre total de personnes contaminées en Tunisie. Mais ce bilan devrait être revu à la hausse à chaque actualisation faite par les services sanitaires qui procèdent à des tests de dépistage quotidiens de plus en plus nombreux.

Le nombre de décès est quant à lui passé à dix, trois à Sfax, deux à l'Ariana et un seul dans chacune des régions de Sousse, Kef, Mahdia, Tataouine et Bizerte. Géographiquement, les cas confirmés se répartissent sur 22 gouvernorats, seuls Siliana et Jendouba sont épargnés. Tunis enregistre le plus grand nombre de contaminations avec une centaine de cas infectés, l'Ariana, Ben Arous et Médenine sont également lourdement touchés avec une cinquantaine de cas. Selon un dernier bilan, en date du dimanche 30 mars, le nombre de citoyens rapatriés ayant été soumis à l'isolement obligatoire a atteint les 18.560 personnes. Quelque 13.725 individus ont fini leur quarantaine alors que les 4.935 restants sont toujours en isolement, sous contrôle médical quotidien.

Pour le ministère de la Santé, même si la situation est toujours sous contrôle, les conditions épidémiologiques montrent une propagation assez rapide de la pandémie dans certaines zones du pays, insistant sur le confinement total comme mesure essentielle pour la protection et la prévention afin de limiter l'évolution rapide de ce virus.

Le confinement, seul remède !

Le ministère a appelé dans ce sens les citoyens à respecter la loi et les procédures adoptées par les autorités afin de protéger la santé de la population. En tout cas, le Conseil de sécurité nationale a jugé nécessaire de prolonger de deux semaines la période du confinement total qui se poursuivra jusqu'au 19 avril, voire au-delà, en fonction de l'avancement de la situation épidémiologique.

En effet, le confinement sanitaire général décrété en Tunisie dans le but d'endiguer la propagation du coronavirus a été prolongé de deux semaines. La décision a été prise lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale tenue mardi sous la présidence du Chef de l'Etat, Kaïs Saïed.

Décrété le 20 mars par le chef de l'Etat, le confinement a débuté le 22 mars et devait prendre fin le 4 avril. Il avait été précédé de l'instauration d'un couvre-feu nocturne dans le but d'éviter les rassemblements dans les espaces publics propices à la propagation du virus.

Pourtant, ces mesures n'ont pas empêché de nombreux citoyens de descendre dans la rue pour protester contre la pénurie des denrées alimentaires dans plusieurs régions, mais aussi pour réclamer les subventions de l'Etat. Dans son intervention devant le Conseil de sécurité nationale, le Président Saïed a dit «comprendre» ces manifestations. "Comment voulez-vous que les gens restent chez eux quand ils n'ont pas de quoi nourrir leurs familles, s'agissant surtout des pauvres?", s'est demandé le chef de l'Etat.

Mais ces rassemblements ne cessent de mettre à mal les efforts du ministère de la Santé pour contrôler la vitesse de propagation du coronavirus. D'ailleurs, Yves Souteyrand, représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Tunisie, a estimé que la distanciation d'un mètre n'est pas respectée dans les lieux publics en Tunisie. S'exprimant dans des déclarations médiatiques, il a souligné le fait que le cercle d'analyses devrait être élargi, en particulier au niveau de la zone de la personne affectée.

Il a par ailleurs noté que la Tunisie a commencé à adopter cette approche, à travers l'augmentation du nombre de tests de dépistage effectués chaque jour, ajoutant que le pays avait lancé le processus de prévention du virus assez tôt, ce qui pourrait améliorer la situation épidémiologique.

En tout cas, pour le ministre de la Santé, Abdellatif Mekki, si les efforts nationaux de lutte contre cette pandémie se poursuivent dans les meilleures conditions, «la Tunisie serait capable de réaliser un exploit qui sera reconnu à l'échelle internationale, si les citoyens respectent scrupuleusement les mesures du confinement total».

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