Sénégal/Cote d'Ivoire: Pape Diouf - Au départ était Antoine Bell

Premier Noir à diriger un grand un club européen, à être journaliste titulaire dans un journal à grand tirage en France, à être célèbre dans le milieu du football hors pelouse.

L'histoire de Pape Diouf est belle. Une histoire qui a commencé au Tchad où il est né, en Mauritanie où il a passé ses premières années d'école et à Dakar d'où son père va l'expédier à Marseille pour qu'il devienne militaire comme lui.Une histoire qui va s'accélérer quand il rencontre le footballeur franco-camerounais Antoine Bell. Pape Diouf était reporter détaché par son organe, La Marseillaise, auprès du club phocéen. Le capitaine du Onze national camerounais brillait de mille feux dans le club cher à Bernard Tapie. Une amitié, une proximité, une complicité va naître entre les deux jeunes originaires d'Afrique. Au point que le journaliste n'écrira plus un seul papier sur celui qui, très vite, deviendra le capitaine de Marseille. Laissant, à cause de la proximité, cette tâche à d'autres confrères.

C'est Antoine Bell qui va demander à Pape Diouf de devenir agent de joueurs. « Moi, je suis l'homme du début de Pape Diouf. Quand je suis arrivé à Marseille, il était journaliste au journal La Marseillaise et moi, joueur, puis capitaine de l'OM. On était ensemble tous les jours.

Un jour, parce qu'il avait migré de La Marseillaise à un journal en construction qu'on appelait Le Sport, et voyant que ce journal-là n'allait pas tenir la route, je lui ai proposé de devenir agent de joueur. » Le Lion Indomptable va présenter au monde du football Pape Diouf comme son agent. Et convaincre des joueurs de faire comme lui. C'est ainsi que des sommités du ballon rond comme Marcel Desailly, Bernard Lama, Sylvain Armand, William Gallas, Grégory Coupet, Laurent Robert et un certain Didier Drogba vont confier leur carrière au journaliste. Qui gagnera en respect et en audience. La suite ? Son intelligence, son esprit éclairé, son intégrité et ses aptitudes à gérer le relationnel et à transcender les contrariétés et adversités feront le reste.

Quand il meurt, Antoine Bell est l'une premières personnes à être contactées. « Hervé Penaud, journaliste à L'Equipe, m'a appelé pour me signifier que Pape Diouf, malade, était sur le point d'être transféré de Dakar à Nice. Mais moi, à ce moment-là, je dois avouer que je m'apprêtais à l'appeler pour le chahuter. Je n'avais pas réalisé la gravité et, un hasard footballistique, parce que cet appel-là a été coupé par celui de Roger Milla qui m'appelait, et donc, l'appel en direction de Diouf a été coupé. Puis, quand Hervé Penaud me rappelle, c'est pour m'annoncer la triste nouvelle. J'ai ressenti un choc », a raconté Joseph Antoine Bell. L'Afrique a perdu un géant.

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