Sénégal: Préparation et Enterrement de personne morte de covid-19 - L'islam et le christianisme s'en remettent à l'avis du médecin

En raison du risque élevé de contamination, l'enterrement d'une personne morte de coronavirus (Covid-19) se fait avec le cercueil hermétiquement fermé ou alors on procède à l'incinération du corps. Face à cette situation exceptionnelle imposée par la pandémie du coronavirus l'Eglise Sénégalaise a pris les devant en adoptant la restriction de la célébration de funérailles avec la suspension de l'étape de l'église paroissiale. Alors que du côté de la majorité musulmane l'on s'interroge, Imam Makhtar Kanté de la grande mosquée de Point-E rassure sur le rituel mortuaire pour un musulman décédé de Covid-19. Tout en précisant que l'avis du médecin est primordial dans ce contexte, il rappelle que «la survie de l'humanité vaut plus que le rituel mortuaire». De son côté le docteur Mamadou Mansour Diouf de Bordeaux pose le débat et apporte un éclairage

Suspension de l'étape de l'église paroissiale pour se limiter uniquement au dernier Adieu

En cas de décès lié au coronavirus (Covid-19) l'Eglise sénégalaise appelle les fidèles à la suspension de l'étape de l'église paroissiale pour se limiter uniquement à l'absoute (dernier Adieu), en présence de la famille restreinte.

Entre autres conséquences de la pandémie du coronavirus (Covid19) au Sénégal, qui a enregistré son premier de décès lié à cette maladie depuis l'apparition du premier cas le 2 mars dernier, les Évêques ont demandé, compte tenu du contexte actuel, «de se limiter uniquement à l'absoute (dernier Adieu), en présence de la famille restreinte », rapporte Fidespost.com.

Une mesure pas toujours facile à mettre en œuvre, tant au niveau des familles que des prêtres. Le rituel des funérailles, dans ses Préliminaires, prévoit trois formes de célébration des funérailles. Le premier comporte trois «stations» : au domicile du défunt, à l'église et au cimetière ; la seconde deux : à la chapelle du cimetière et au lieu de la sépulture et la troisième ne comporte qu'une seule «station» au domicile du défunt. Mais il faut noter que les conférences épiscopales ont la possibilité de choisir, selon les besoins particuliers, l'une des formes sus-indiquées ou d'en modifier le déroulement. Au Sénégal, c'est la deuxième forme de célébration des funérailles qui a été retenue par les Évêques, en cette période de pandémie du coronavirus. Elle n'est malheureusement pas toujours bien comprise ou acceptée. «Nous sommes obligés de sensibiliser les fidèles pour bien leur expliquer la mesure. Il important de leur faire comprendre qu'il ne s'agit pas de funérailles au rabais. C'est une étape incontournable avant de passer au rite de l'absoute», témoigne Abbé Étienne Djégane Diouf.

L'autre difficulté rencontrée par les prêtres est celle relative à l'interdiction des rassemblements. « En lieu et place de la famille restreinte, c'est pratiquement toute la famille africaine au sens large qui va au cimetière », a récemment déploré l'aumônier du Comité de gestion des cimetières catholiques de l'Archidiocèse de Dakar, Abbé Joseph Gning.

Dans certaines paroisses, les autorités paroissiales ont tout simplement déterminé le nombre de personnes, membres de la famille, autorisées à prendre part à la cérémonie au cimetière. C'est le cas à la paroisse saint François Xavier de Fadiouth. «Pour les funérailles en cette période de pandémie, nous autorisons au maximum 15 personnes de la famille au cimetière», renseigne Abbé René Mbagnick Ngom.

En l'absence d'un schéma-conducteur diocésain pour la cérémonie au cimetière, dans certaines paroisses, les prêtres se réfèrent directement à «La célébration des Sacrements» de Pierre Jounel pour s'adapter. Après un chant de rassemblement et la salutation liturgique du prêtre, la lecture d'un texte de l'évangile suivie d'une brève méditation est proposée à la famille restreinte, avant le rite du dernier Adieu. Ce rite est réalisé dans sa forme habituelle avec l'aspersion et la prière de recommandation du défunt. Le chant introductif est remplacé par une prière commune et l'encensement omis. Suivent enfin la bénédiction de la tombe et la mise en terre.

Plus de: Sud Quotidien

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