Afrique: De fortes adversités sur le premier vaccin antipaludique au monde

Des voix s'élèvent contre le projet pilote de vaccin antipaludique de GlaxoSmithKline en cours en Afrique. En cause son "efficacité et l'absence de consentement ".

GlaxoSmithKline, l'un des géants de l'industrie pharmaceutique, développe des essais cliniques pour réduire de 40% le risque de contracter le paludisme chez les enfants. Une première au monde. Mais ce projet pilote qui se déroule au Ghana, au Kenya et au Malawi, sous la coordination de l'Organisation mondiale de la santé (Oms) est contesté. En cas de succès, le RTS pourrait être déployé à l'échelle mondiale pour lutter contre le Plasmodium falciparum, le parasite du paludisme le plus mortel en Afrique.

Les essais suggèrent qu'il ne fournit qu'une protection partielle contre le paludisme (4 cas sur 10). Le pilote fait face à des défis, notamment le mouvement anti-vaccination et des affirmations de certains membres de la communauté médicale, selon lesquelles les parents ne sont pas informés des risques potentiels du vaccin. Samuel Harrison, du Kintampo Health Research Center (KHRC) rappelle que, "le paludisme est la plus grande cause d'hospitalisations. Prévenir 40% des cas de paludisme, c'est déjà bien".

Des vaccins aux taux d'efficacité relativement faibles. Le directeur du KHRC, Kwaku Poku Asante, a souligné que d'autres vaccins, comme ceux contre la tuberculose, ont également des taux d'efficacité relativement faibles. Cependant, le vaccin doit être considéré comme un ajout aux interventions existantes contre le paludisme, ajoute-t-il. Des vidéos et nombre d'informations non scientifiques et non vérifiées circulent sur les réseaux sociaux soutenant que les Africains étaient utilisés comme "cobayes" par des sociétés pharmaceutiques étrangères et que certaines injections provoquaient l'infertilité. Kwaku Poku Asante s'est insurgé contre la désinformation sur le vaccin. Le fait que 100 000 doses avaient déjà été administrées montre que "l'acceptabilité est élevée".

Une politique de consentement critiquée plus récemment, le projet pilote, coordonné par l'Oms a été critiqué au sujet de sa politique de consentement. Les parents ne seraient pas suffisamment informés des effets secondaires potentiels du vaccin, notamment des risques de méningite et de paludisme cérébral. Peter Doshi, auteur d'une publication dans BMJ, accuse l'Oms d'avoir enfreint les directives éthiques en "n'obtenant pas le consentement écrit des parents pour participer à ce qu'il qualifie de recherche". Des allégations contestées par l'Oms, affirmant que le pilote n'est pas expérimental et qu'un consentement écrit n'est donc pas requis.

"Le vaccin a été autorisé à être utilisé et est en cours de déploiement dans des centres de santé avec d'autres vaccinations infantiles", a déclaré Mary Hamel, responsable du programme de mise en œuvre RTS, à l'Oms. L'article fait apparaître un "grave malentendu " à propos du pilote qui pourrait "avoir des effets négatifs sur l'adoption d'un vaccin qui pourrait sauver de nombreuses vies", a-t-elle déclaré. Les préoccupations étaient déplacées, indiquent certains intervenants. "La question du consentement est loin. On est passé d'une étude à la vaccination systématique. Or personne n'a obtenu de consentement pour la vaccination systématique". Ces préoccupations qui ont été largement partagées sur les réseaux sociaux.

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