Afrique de l'Ouest: Quatre soldats français testés positifs au Covid-19 au Sahel - Barkhane désormais face à deux ennemis redoutables

Une patrouille mixte de la force française Barkhane et des Fama, l'armée malienne, dans les rues de Ménaka (photo d'illustration).

Les soldats de la force Barkhane vont devoir mener deux guerres au Sahel où ils sont déployés depuis 2014. En effet, en plus des groupes terroristes, ils feront désormais face au coronavirus dont quatre des leurs sont atteints.

L'information a été rendue publique le 2 avril 2020 par l'Etat-major français. C'est donc peu dire que c'est une mauvaise nouvelle pour l'Armée française mais aussi et surtout pour les pays du Sahel aux côtés desquels sont engagés les soldats de Barkhane.

Car, même si on accuse cette force de faire un service minimum, il n'en demeure pas moins que sa présence au Sahel soulage à plus d'un titre des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger qui se battent comme de beaux diables contre l'hydre terroriste.

L'on se demande d'ailleurs, ce que serait devenu aujourd'hui le Mali sans l'intervention de l'armée française en 2013 à travers l'opération Serval. La réponse ne souffre d'aucun doute. Le Mali se serait effondré comme un château de cartes et peut-être les autres pays du Sahel avec.

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que les soldats de la force Barkhane sont désormais dans une sale galère. Cela est d'autant plus vrai qu'ils vont devoir affronter deux ennemis redoutables et invisibles : l'hydre terroriste et le Covid-19.

Et il faut craindre que cette pandémie qui terrorise la planète tout entière, ne compromette dangereusement les opérations antiterroristes de la force Barkhane. Certes, on pourrait ne pas trop s'alarmer puisque, pour l'heure, il n'y a que quatre officiers touchés.

Il faut souhaiter que Barkhane réussisse, dans un bref délai, à stopper la propagation de cette maladie en son sein

Mais, il ne faut pas non plus minimiser ces cas parce que rien ne dit que d'autres soldats n'ont pas été en contact avec ces officiers testés positifs. Pour preuve, un autre officier non testé mais présentant des symptômes du Covid-19, a été rapatrié en France.

C'est dire si la situation est loin d'être rassurante. Et s'il y a des gens qui pourraient se réjouir de cette situation, c'est bien les groupes terroristes qui, depuis le sommet de Pau, subissent de cuisants revers grâce à une coordination plus efficace des opérations menées conjointement entre Barkhane et les autres forces armées, notamment les armées malienne, nigérienne, burkinabè et celle du G5 Sahel.

Mais ce serait une grosse erreur car personne n'est à l'abri de cette maladie. Car, si des combattants de mouvements terroristes sont frappés par le Covid-19, ces mouvements pourraient également en être victimes.

Cela dit, même si certains soldats de la force Barkhane venaient à être hors de combat, cette force ne sera pas à la portée de n'importe quel groupe armé. Mais en attendant, il faut souhaiter que Barkhane réussisse, dans un bref délai, à stopper la propagation de cette maladie en son sein. Cela est d'autant plus nécessaire que cette force a déjà payé un lourd tribut pour son engagement au Sahel.

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