Afrique de l'Ouest: Lutte contre le COVID-19 L'OOAS envisage le recours à la chloroquine

Le directeur général de l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), Pr Stanley Okolo, a animé, une vidéo- conférence de presse, le mercredi 1er avril 2020, depuis Abuja, la capitale fédérale du Nigéria. Il a dévoilé les efforts de son organisation dans la lutte contre le COVID-19.

Presque tous les pays de la CEDEAO sont touchés par le coronavirus, à la date du 1er avril 2020. Du dernier bilan de l'Organisation ouest-africaine de la santé(OOAS), à cette même date, on note 1067 cas confirmés et 31 décès. La Sierra Leone est le dernier pays a signalé un cas positif enregistré, le 31 mars dernier. Face à cette propagation rapide de la maladie, l'OOAS a distribué 31 000 kits de diagnostic, 10 000 équipements de protection et médicaments... aux 15 pays de l'espace communautaire.

Des commandes de respirateurs, d'équipements de protection individuelle, de produits divers... ont été lancés et ce matériel sera distribué aux pays. Au début de la pandémie, l'OOAS a immédiatement renforcé la capacité des 15 pays de la région pour réaliser des tests au COVID-19 à travers un laboratoire régional, la formation et la distribution du 1er lot de kits de diagnostic à tous les pays membres. Tous ses efforts sont en compléments à ceux individuels de chaque pays, a signifié le Directeur général (DG) de l'OOAS, Pr Stanley Okolo, lors d'un point de presse, en ligne et en « live » depuis Abuja, la capitale fédérale du Nigéria. Pour faire face à l'épidémie dans la sous-région ouest-africaine, il a confié que l'OOAS a initié plusieurs formations sur les opérations de risques et de nombreux acteurs se sont impliqués dans la mobilisation des acteurs dans les 15 pays.

A cela, a-t-il dit, se sont ajoutées des grilles d'opérations pour lutter contre le COVID-19. Au nombre des actions menées par l'OOAS, le DG a noté aussi, une réunion d'urgence pour contrer la pandémie, le 14 février 2020, à Bamako, au Mali. « Il est important que les citoyens aient les informations sur la maladie et se protègent de cette pandémie qui est bien réelle », a-t-il insisté. D'où proviennent les sources de financements de l'OOAS pour venir en aide aux différents Etats ?

Pour soutenir les pays, l'OOAS a reçu 1,8 million de dollars de la CEDEAO avec un supplément de 2 millions de dollars. D'autres partenaires, comme la GIZ, la Banque mondiale... y ont contribué, a-t-il affirmé. « Tous les partenaires font des efforts, mais le secteur privé doit apporter son apport pour qu'on puisse mener un bon combat », a souhaité Pr Okolo.

Un corridor humanitaire

La fermeture des frontières n'est-elle pas une entrave à votre combat pour équiper et fournir de l'aide aux pays ? Chaque pays prend la décision par rapport au confinement de sa population. Ce qui rend difficile la traversée des frontières, mais pas difficile pour l'OOAS d'acheminer du matériel, a signifié le DG. « La stratégie, c'est la formation du personnel. Mais les pays doivent faire la requête. Certains l'ont fait. D'autres pas encore. Mais, il y a un corridor humanitaire pour le transport du matériel », a indiqué M.Okolo. Etes-vous d'avis avec ceux qui pensent qu'il faut diagnostiquer toute la population pour lutter efficacement contre la propagation de la maladie ? L'OOAS ne produit pas de test de diagnostic, donc le test en masse n'est pas possible, a répondu le DG de l'OOAS. Le mieux, a-t-il dit, est de convaincre tous, que la maladie est bien réelle et il faut respecter les consignes sanitaires. L'une des stratégies pour soulager certains malades semble être l'usage de la chloroquine, l'OOAS est-elle favorable à cette solution ? Le COVID-19 est une maladie peu connue et des essais cliniques sont en train d'être faits sur la chloroquine au Burkina Faso, reconnait le DG de l'OOAS. «Déjà ce médicament est utilisé dans le traitement des formes les plus graves de la pneumonie dont 10% des malades du COVID-19 en souffrent. En tant que région, nous ne saurons priver nos citoyens des soins auxquels ils ont besoin. C'est pourquoi, nous avons entrepris de fournir à nos pays membres de la chloroquine pour le traitement les plus sévères de la pneumonie dans un contexte d'essais cliniques », a signifié le Pr Okolo. Concernant le recours au phytomédicament comme l'Apirivine soumis aux travaux des experts burkinabè et béninois, le DG de l'OOAS, tout en encourageant cette piste de recherches dans la lutte contre le COVID-19, avoue que son organisation qui reconnait les bases de la médecine traditionnelle n'a pas de programme de soins traditionnels dédié à la lutte contre le COVID-19.

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