Ile Maurice: COVID-19 - Faut-il s'acquitter des frais de scolarité et de transport pour la maternelle ?

Après la fameuse question : «Eski ena lekol?», les parents se demandent à présent : «Eski bizin pey gardri/lekol maternel ek van lekol?» Surtout après l'annonce de la subvention de Rs 5 100, soit la moitié de la valeur du salaire minimum aux employés du secteur informel.

«Même si on ne bénéficiait pas de cette subvention, les parents allaient devoir nous payer. Ils ne doivent pas penser qu'ils sont en train de débourser de l'argent pour un service dont ils ne bénéficient pas. Ils doivent plutôt penser à l'engagement qu'ils ont pris», affirme Shameem Sahadut, secrétaire de l'association des propriétaires des vans scolaires.

D'ajouter que plusieurs membres de l'association lui ont fait part des doléances des parents. Ces derniers n'allaient pas pouvoir effectuer le paiement mensuel«On est entièrement d'accord que la priorité c'est la nourriture, entre autres. Nou tou dan mem bato la. En cas de difficultés réelles, les parents peuvent prendre contact avec les propriétaires des vans concernés afin de s'arranger concernant le paiement», propose-t-il. Et de faire ressortir qu'uniquement avec l'aide de l'État, les propriétaires des vans scolaires ne vont pas pouvoir s'en sortir car ils emploient également des chauffeurs et des «helpers».

Un propriétaire de van scolaire s'est confié, sous couvert de l'anonymat. «Il y a toujours cette polémique lorsque les enfants ne vont pas à l'école. L'on dit qu'on ne roule pas, pourquoi nous payer ? Il ne faut pas oublier qu'il y a les frais de 'déclaration' et d'assurance. D'ailleurs, ce vendredi-ci, les enfants devaient être en vacances, mais leurs parents allaient tout de même effectuer le paiement.» Cela dit, il comprend que certains parents ont des soucis financiers. «On comprend que certaines personnes ne travaillent pas et que la priorité va à l'alimentation de soi et de sa famille. Si un parent ne peut vraiment pas s'acquitter de ce paiement, on doit pouvoir comprendre. Mais attention aux abus !»

Paiement

Sylvette Davy, directrice et formatrice chez Bethléem, explique que la plupart des crèches et écoles maternelles comptent sur les paiements effectués par des parents pour pouvoir opérer.«Nous y compris. Bien qu'on soit chapeauté par le diocèse de Port-Louis, on a un loyer et 80 membres du personnel pour nos trois établissements sis à Port-Louis et Quatre-Bornes. On a été pris au dépourvu par cette situation. Les parents doivent comprendre que ce n'est pas de notre gré qu'on n'ouvre pas nos portes», souligne-t-elle.

Selon les derniers chiffres disponibles au 20 juin 2019, Maurice comptait 395 crèches et écoles maternelles, certaines enregistrées, d'autres non. Il nous revient toutefois que même celles qui ne sont pas enregistrées peuvent entreprendre des démarches auprès de la Mauritius Revenue Authority en vue de bénéficier de la subvention annoncée par le gouvernement.

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.