Sénégal: Ahmadou Aly Mbaye, professeur d'economie à l'ucad sur la gestion du fonds force COVID-19 - «Les critères de distribution doivent reposer sur la banque de données de l'ansd...»

L'ex-doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg), Ahmadou Aly Mbaye, a vivement salué l'initiative tendant à mobiliser un fonds de 1000 milliards de francs CFA pour contrecarrer le Covid-19.

Et de préciser dans la foulée : «C'est une bonne chose pour le fonds de considérer à la fois les dépenses sanitaires et les dépenses non sanitaires». Parce que, a-t-il dit: «Les deux dans le contexte actuel sont très difficiles à dissocier. Aujourd'hui, demander aux gens de se confiner est chose normale pour réduire le nombre de contacts, mais c'est également chose difficile. La plupart de nos activités productives sont informelles».

Donc, rajoute-t-il: «La proximité est de mise dans les transports, les marchés qui reposent sur le contact, la promiscuité. Alors demander les gens de se confiner, c'est réduire l'activité productive ou la supprimer totalement». Sur la question de la prise en charge des dépenses sociales, Mr Mbaye, non moins directeur du Laboratoire d'analyse des politiques de développement (Lapd) invite les responsables à faire le ciblage des ménages. «Ce qui est un casse-tête des gouvernements que ça soit des dépenses de santé, de transfert, d'éducation... », a-t-il dit. Aussi a-t-il invité l'administration centrale et territoriale à prendre en compte les données de l'Ansd pour aider l'Etat à mieux faire la distribution. Dans la foulée, il demande aux autorités administratives de faire un travail préparatoire devant leur permettre de dissocier les ménages les plus nécessiteux aux moins nécessiteux des ménages non pauvres... .».

Pour rappel, dans une étude de l'Agence nationale de statistique et de démographie (Ansd) de 2015 intitulée Pauvreté et condition de vie des ménages, on indiquait qu'au niveau des ménages, plus de la moitié d'entre eux, soit 56,5% s'estiment pauvres, dont 45,7% se disant très pauvres. La pauvreté perçue varie par ailleurs selon le milieu de résidence. Elle est plus marquée dans le milieu rural où plus des deux tiers des ménages (69,0%) se déclarent pauvres alors que 53,2% se voient comme très pauvres.

En revanche, elle est moins observée dans la zone urbaine de Dakar, où moins de deux ménages sur cinq (38,2%) se trouvent pauvres et parmi ceux-ci, un peu moins du quart (24,7%) est très pauvres. Dans les autres villes, elle est de 53,7% dont 44,5% de très pauvres. Suffisant pour que Ahmadou Aly Mbaye, Professeur d'Economie à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) se dise rassuré si cet effort est conjugué à l'effort collectif de l'administration centrale et territoriale.

Plus de: Sud Quotidien

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