Sénégal: Bilan de COVID-19, aprés un mois de propagation au pays - 195 cas positifs, 40% d'importés, 56% de contacts suivis et 4% de transmission communautaire

Un mois après que le Sénégal a enregistré son premier cas confirmé du nouveau coronavirus, le ministère de la Santé et de l'action sociale a fait une évaluation mensuelle de la riposte apportée à cette épidémie.

Ainsi à la date du jeudi 02 avril, le Sénégal a enregistré 40% de cas importés, 56% de cas contacts suivis et 4% issus de la transmission communautaire. Sur le total des cas positifs au nouveau coronavirus au Sénégal, 96% des cas représentent l'addition des cas importés et de cas contacts suivis. Le directeur du Centre des opérations d'urgences sanitaires (Cous), Dr Abdoulaye Bousso, prédit la diminution, voire la disparition des cas importés conséquemment aux mesures prises par le Chef de l'État, notamment la fermeture des aéroports, des établissements scolaires et l'interdiction de rassemblement. Le chef du Service des maladies infectieuses de l'hôpital Fann, le professeur Moussa Seydi, a fait les éloges de la chloroquine dans le traitement des patients atteints de Covid-19.

Tout en annonçant l'entrée en lice d'un autre médicament dans le traitement. Le professeur Mamadou Diarra Bèye, pour la réanimation, a lui déclaré que « 56 lits ont été anticipés depuis la déclaration de la maladie et des sites ont été réaménagés dans plusieurs régions du Sénégal». Sur la disponibilité des ressources humaines, la blouse blanche a déclaré que le ministère travaille en toute efficience avec tous les médecins anesthésistes et réanimateurs du pays dans cette lutte sans pourtant omettre les autres urgences. L'Institut Pasteur de Dakar va lui augmenter sa capacité de dépistage qui va passer du simple au double dès ce mois d'avril, à savoir de 500 à 1000 tests par jour avec l'ouverture d'un laboratoire mobile à Ziguinchor.

Dr Abdoulaye Bousso du COUS : «4% de cas communautaires représentent une bombe à retardement»

4% de cas communautaires ont été dénombrés au Sénégal depuis la déclaration de la maladie au Sénégal, le 02 mars dernier. Pour le directeur du Centre des opérations d'urgences et sanitaires (Cous), le Dr Abdoulaye Bousso: « ces 4% peuvent paraître bas mais seront très importants à partir de la semaine prochaine. Si n'on arrive pas à les maitriser, l'épidémie peut aller dans un sens qui peut être difficile pour nous». Le directeur du Cous a aussi rappelé qu'à partir de la semaine prochaine, on aura une bonne visibilité sur la courbe épidémiologique. Et d'appeler à l'esprit de responsabilité des populations pour stopper cette épidémie car, selon lui, les 4% de cas n'ayant aucune visibilité épidémiologique, à savoir qu'on ne sait pas où ils ont attrapé la maladie, peuvent être déterminants. Docteur Bousso a aussi rajouté qu'à la date du jeudi 02 avril, le Sénégal en plus des 4% issus de la transmission communautaire, a enregistré 40% de cas importés, 56% de cas contacts suivis.

Sur le total des cas positifs au nouveau coronavirus au Sénégal, 96% des cas représentent l'addition des cas importés et de cas contacts suivis. Sur la situation géographique de la maladie, Dr Bousso dénombre six (6) régions dont Diourbel, Dakar, Thiès, Saint-Louis, Ziguinchor et Fatick qui ont enregistré des cas de Covid-19 et par la même occasion a déclaré : « Contrairement à la France, les femmes sont plus touchées au Sénégal où elles représentent 64% de nos malades». Les sites de prise en charge sont à ce jour à 7, implantés à Dakar au niveau de l'hôpital Fann, l'hôpital d'enfants de Diamniadio, l'hôpital Daalal Diam, le centre Hospitalier de l'Ordre de Malte, dans les régions à Touba, à Ziguinchor et à Saint-Louis.

Dr Alpha Sall de l'instut Pasteur de Dakar : «Un dépistage massif ne se justifie pas pour le moment»

Pour le docteur Alpha Sall de l'institut Pasteur de Dakar, le premier cas suspect a été identifié au Sénégal le 26 février dernier, toutefois le 02 mars a été une phase de préparation avec la confirmation du premier cas de Covid-19. Revenant sur le bilan et l'évolution du dépistage des cas au Sénégal, le docteur Sall a avancé : « à ce jour, 1730 échantillons ont été testés et ont conduit à l'identification de 195 cas confirmés. Ces différents échantillons testés l'ont été pour le suivi de malades hospitalisés, pour les cas suspects qu'il fallait confirmer et les contacts à haut risque qui ont été détectés ». Depuis le début de l'épidémie au Sénégal, le 02 mars dernier, Dr Alpha Sall a renseigné que l'Institut Pasteur a en moyenne 53 échantillons qui sont testés par jour avec un minimum d'un cas par jour et un maximum qui a été atteint à 211 cas testés par jour.

Cela qui l'amène à parler des capacités de tests de sa structure. « Au jour d'aujourd'hui, les capacités sont de 500 tests par jour au sein de l'Institut avec très prochainement une montée à un cap de mille tests par jour ». Avec la propagation de la maladie, l'Institut Pasteur compte se déployer au niveau de la région de Ziguinchor très prochainement mais aussi augmenter ses capacités de dépistage dans la localité de Touba qui polarise les régions de Diourbel, Louga, Fatick, Kaolack, Kaffrine, Matam et Tambacounda . « Il est important de signaler que dans la stratégie actuelle au niveau du Sénégal, il est important d'identifier parmi les cas suspects quels sont les cas confirmés et de les suivre. Il ne se justifie pas un dépistage massif qui présente des limites importantes concernant les capacités qui existent et des aspects logistiques. La situation du Sénégal ne le justifie pas. C'est pourquoi jusqu'à présent, il a été mis en place cette stratégie pour laquelle chaque personne ou cas de contact qui est considéré comme suspect va être prélevé et testé et c'est la stratégie qui correspond à notre situation et qui nous a permis de maîtriser l'épidémie »

Pr Moussa Seydi , Chef du service des maladies infectieuses de Fann: «Les patients guérissent plus rapidement avec l'hydroxychloroquine, mais...»

Le Sénégal a introduit dans son protocole de traitement du nouveau coronavirus l'hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine utilisée avant pour le traitement du paludisme. Pour le professeur Moussa Seydi, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Fann:« les patients guérissent plus rapidement avec le traitement par l'hydroxychloroquine. Les résultats que nous avons obtenus après son usage nous rassurent ». Au cours du bilan d'étape sur la maladie hier, jeudi, le professeur Seydi a déclaré: « nous allons mieux faire, en ajoutant de l'azithromycine à ce traitement avec l'hydroxychloroquine». Par ailleurs, le Chef de service au niveau des maladies infectieuses de l'hôpital Fann se veut prudent: «le traitement viral permet de raccourcir la durée d'hospitalisation des malades mais ce ne serait pas suffisant si on n'y associe pas les autres traitements, tels que ceux symptomatiques, de la réanimation avec l'utilisation du respirateur qui font partie des traitements symptomatiques.». Et de poursuivre : « il y a aussi la prise en charge des co-morbidités, la prévention des complications et des surinfections. Ce qui veut dire que la prise en charge est un ensemble, un package, ce n'est pas seulement l'utilisation de traitements spécifiques».

Plus de: Sud Quotidien

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