Sénégal: Pr mamadou Diarra Béye de Samu sur la réanimation des cas graves - «Les structures répondent aux normes internationales»

Les structures de réanimation dans le cadre de la prise en charge des cas graves de coronavirus ne manquent pas au Sénégal et sont disponibles dans plusieurs régions.

Selon le professeur Mamadou Diarra Bèye, directeur de la Samu, qui a donné l'information au cours du bilan d'étape de la lutte contre Covid-19 hier, jeudi 2 avril, « dans un souci d'anticipation, 56 lits de réanimation ont été préparés pour répondre à cette riposte ». Revenant sur l'évacuation des deux cas graves dont l'un a succombé peu avant son départ, le professeur Bèye soutiendra toute simplement : « j'avoue que ce n'était pas un problème de disponibilité de plateau technique. Le service de réanimation où ces patients ont été pris en charge à Cuemo est un service qui a des normes européennes et ce sont des malades du cœur qui y sont opérés ».

56 lits pour la prise en charge des premiers cas graves

Le professeur Mamadou Diarra Béye en charge de la réanimation des cas graves dans la réponse au coronavirus au Sénégal a souligné que, dans un souci d'anticipation, 56 lits de réanimation ont été préparés par le ministère de la Santé dans différentes structures sanitaires du pays depuis la déclaration de la maladie le 02 mars dernier pour répondre à cette riposte. Selon lui, ces lits sont répartis à Dakar dans différents hôpitaux, à Fann avec le centre Cuemo où les deux cas graves ont été pris en charge ainsi que le service de réanimation de la chirurgie cardiovasculaire, à l'hôpital Dalal Diam de Guèdiawaye mais aussi le service de réanimation qui a été remis à neuf au niveau du Service des maladies infectieuses qui est en train d'être finalisé très rapidement. Le professeur Bèye a aussi renseigné qu'il y a également un certain nombre de lits de réanimation qui ont été aménagés dans le centre de traitement pour enfants de Diamniadio.

Dans les régions, il y a Saint-Louis qui s'est doté des lits dédiés pour la réanimation des cas graves. Kaolack, Diourbel et Thiès sont en cours. En dehors de ces 56 lits, le ministère de la Santé par la voix du professeur Bèye a aussi annoncé la mise en place de 40 lits qui sont en cours de disposition au niveau des autres hôpitaux comme Le Dantec, le Centre Général Idrissa Pouye de Grand Yoff mais aussi Pikine. « Ce qu'il faut noter, c'est qu'il y a eu une très bonne anticipation par rapport aux lits de réanimation. Ces lits manquent dans le monde entier même en dehors de Covid-19. L'idée de réanimation en médecine nécessite tellement de ressources en équipement et aujourd'hui les Etats Unis ont ce problème et c'est la crise qui est venue démasquer toutes ces insuffisances par rapport à la disponibilité de ces lits », at-il déclaré.

Disponnibilité des Réparateurs

La plupart des cas graves de coronavirus nécessite un respirateur. Même si le Sénégal n'a enregistré que deux cas graves, la question des respirateurs revient très souvent dans la prise en charge des malades. Aujourd'hui, le professeur Mamadou Diarra Bèye a déclaré : « ils ne sont pas les seuls à avoir besoin de respirateurs et tous les cas graves aussi en ont pas besoin.» Même si le virus agit sur l'appareil respiratoire, sur la défense respiratoire, ce n'est pas toujours le respirateur qui doit faire l'affaire. « Tout les malades n'en ont pas besoin. C'est une phase de prise en charge qui est assez longue. Dans un premier temps, les malades doivent être oxygénés, surveillés s'il y a des comorbidités qui participent à l'aggravation et qu'il faut corriger. Beaucoup d'efforts ont été faits pour la mise à disposition des respirateurs et voir ceux qui n'étaient utilisés ou qui étaient en maintenance. Avec la direction des infrastructures et des équipements, un pack de respirateurs a été mis à notre disposition et ces équipements seront installés dans les différents sites », a-t-il renseigné.

Disponnibilité des ressources humaines en Réanimation

Au Sénégal, on dénombre 96 anesthésistes réanimateurs répartis dans les structures publiques et privées. Selon le professeur Mamadou Diarra Bèye, la société sénégalaise des anesthésistes réanimateurs et des médecins urgentistes s'est réunie très récemment et est en train de proposer des procédures et des protocoles de prise en charge. Toutefois, la blouse blanche a soutenu : « on a encore le fardeau des urgences obstétricales, cardio-vasculaires, métaboliques. On a énormément d'urgences qui sont encore là, mais il y a d'autres pathologies respiratoires qui ne sont pas liées à Covid-19 et dont la prise en charge doit se faire dans les services de réanimation » Et de poursuivre : « puisque le coronavirus est une maladie contagieuse, ceci rend la problématique un peu difficile du fait qu'il faut d'abord créer un espace où les autres malades pris en charge ne pourront pas être contaminés mais également mettre les équipements nécessaires pour rendre encore beaucoup plus fonctionnels ces services qui ont été dédiés dans les structures hospitalières».

Efficacité des centres de réanimation et problématiques des évacuations

Deux cas graves ont été enregistrés à Dakar. Après trois jours de prise en charge, ces derniers ont demandé à être évacués dans leurs pays. Si l'un a succombé avant son départ, l'autre a été finalement évacué dans la nuit du mardi dernier. Selon le professeur Bèye, cette situation n'a rien à voir avec un problème de disponibilité de plateau technique de qualité. « J'avoue que ce n'était pas un problème de disponibilité de plateau technique. Le service de réanimation où ces patients ont été pris en charge à Cuemo, je le rappelle, est un service qui a des normes européennes et ce sont des malades opérés du cœur, de pathologies cardiaques sévères qui sont pris en charge dans cette réanimation De ce fait, on ne peut pas parler d'équipements ou de nondisponibilité d'un plateau technique et ces rapatriements ont été demandés et c'est très courant en dehors de la maladie car quasiment des centaines d'évacuations sanitaires sont faites sur demande de la famille parce que tout simplement, ce sont des patients qui résidaient à l'étranger».

Les cas graves touchent méme les jeunes

La littérature a montré en outre, selon le professeur Mamadou Diarra Bèye, que des complications graves sont notées même chez des sujets de 40ans avec tout récemment un décès d'un nourrisson de deux ans aux Etats Unis mercredi dernier. Face à cette tragédie, l'universitaire a dit : « cette maladie n'a pas fini de nous révéler en tout cas ses facettes et j'insiste, on ne doit pas baisser la garde, on doit continuer encore la préparation, continuer à améliorer la riposte surtout insister sur la prévention, à savoir les gestes barrières ». Et de poursuivre : « je reviens sur la gravité de la maladie. Ce sont les voies respiratoires qui sont attaquées le plus souvent et cela détermine une complication qui est assez grave. On avait dit que cette maladie s'aggravait avec d'autres comorbidités et ce sont des personnes âgées qui ont des diabètes, des maladies cardiaques, respiratoires.»

Plus de: Sud Quotidien

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