Mali: Mahamadou Issoufou sur France 24 - «Une crise sanitaire qui s'ajoute à la crise sécuritaire»

Répondant aux questions de nos confrères de France 24 sur la pandémie de Covid-19, ce vendredi 3 avril, le président nigérien n'a pas caché ses craintes de voir des millions de morts sur le continent africain. Mahamadou Issoufou s'est également exprimé sur la présence de l'armée française au Sahel et sur des traces de vie de l'otage Sophie Pétronin.

C'est une alerte supplémentaire face à la pandémie frappant actuellement le monde entier et qui n'épargne pas le continent. Une alerte qui émane cette fois du président nigérien lors d'un entretien accordé à France 24, alors que son pays a officiellement recensé à ce jour 98 cas et 5 décès.

Interrogé sur les craintes du Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, Mahamadou Issoufou répond qu'il les partage et dit redouter, lui aussi, de voir des millions de morts en Afrique : « Le Covid-19 risque de contaminer entre 40 et 70% de la population mondiale. Si on applique cela à l'ensemble de la population africaine, on peut facilement confirmer les chiffres avancés par le Secrétaire général. »

Un appel à la solidarité internationale

Egalement sollicité sur les mesures mises en place au Niger, le chef de l'État affirme, outre les conséquences humaines, que le coût de la riposte est évalué « à peu près à un milliard d'euros, pour faire face notamment aux conséquences sociales et économiques ». Mahamadou Issoufou rappelle que les prévisions de croissance ont été revues à la baisse et que des mesures doivent être prises pour limiter l'inflation.

Il s'agit donc pour lui « d'une crise sanitaire qui vient s'ajouter à la crise sécuritaire ». Une charge financière considérable pour Niamey face à laquelle il appelle à « une expression très forte de la solidarité internationale » et - reprenant les mots de l'ntervieweur - à « un plan Marshall pour l'Afrique ». Plus largement, Mahamadou Issoufou souhaite « un nouveau paradigme » quant à la gouvernance mondiale politique et économique.

La lutte anti-jihadiste, « un combat commun »

Par ailleurs interpellé sur la question de la lutte anti-terroriste et sur un éventuel retrait de l'opération Barkhane - à l'image du retrait des troupes françaises engagées en Irak annoncé le 25 mars - le président nigérien pense que l'engagement de Paris va se poursuivre : « J'ai la conviction que la France va rester à nos côtés », a déclaré Mahamadou Issoufou après avoir salué « une marque de solidarité » dans ce qui est « un combat commun ».

Des traces de vie de Sophie Pétronin

Un autre sujet a brièvement été abordé lors de cet entretien, celui de la française Sophie Pétronin, enlevée au Mali en décembre 2016. Alors qu'il y a quelques jours, les proches de l'otage ont annoncé que la France détient des preuves de vie récentes, Mahamadou Issoufou a affirmé que le Niger détient les mêmes informations. « Nous savons également, bien qu'elle soit malade, que son état de santé ne s'est pas dégradé », a conclu le président nigérien.

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