Tunisie: Coronavirus │ En attendant le pic - Faut-il craindre le pire ?

4 Avril 2020

Il fallait suivre de très près la situation sans en sous-estimer la gravité. Aujourd'hui, on n'a pas encore atteint le pic mais à voir la croissance rapide ces derniers jours du nombre de cas d'infection, on se rend compte qu'il y a eu bel et bien sous-estimation.

Jusqu'au début du mois de février, et alors que l'OMS venait de déclarer que cette épidémie constitue une urgence de santé internationale, les décisions prises pour lutter contre le coronavirus n'ont pas été à la hauteur de la gravité de la situation. Pire, le pays n'a pas daigné fermer ses frontières et a continué à accueillir des visiteurs de l'étranger, notamment des pays où le coronavirus a déjà fait plusieurs morts.

Cerise sur le gâteau, l'aéroport Djerba Zarzis a ouvert ses portes devant la première édition du Salon international de l'aéronautique et de la défense (IADE Tunisie) du 4 au 8 mars dernier avec la participation de plus de 200 entreprises exposantes du monde entier sans compter le grand nombre de délégations représentant les pays de l'Afrique, le Moyen-Orient et des experts en matière d'aéronautique et de défense. Ils sont venus de pays frappés pleinement par le Covid-19 comme la France, les États-Unis d'Amérique, l'Angleterre. Entre le 21 janvier et le 31 mars 2020, c'est à- dire au moment de l'accueil de notre pays de ce Salon international, plus de 52 mille cas de Covid-19 ont été confirmés en France et 4503 décès enregistrés dans les hôpitaux. Aux USA, pays qui a pris part au Salon et où la pandémie s'aggrave d'un jour à l'autre, plus de 245 mille cas de contaminations et plus de 6 mille décès sont enregistrés.

L'Etat d'urgence de santé internationale déclaré par l'OMS depuis le 30 janvier 2020 n'a pas incité plusieurs pays, dont la Tunisie, à prendre les choses au sérieux en raison notamment d'enjeux économiques. A cette date, six personnes seulement ont été contaminées en France mais pas de cas de décès déclarés. En Tunisie, aucune contamination n'est à déplorer, mais le virus circulait déjà dans les deux sens. En déclarant que la menace était élevée à l'échelle internationale, l'OMS a averti sur son site officiel que « tous les pays doivent être prêts à prendre des mesures pour endiguer l'épidémie, notamment par une surveillance active, un dépistage précoce, l'isolement et la prise en charge des cas».

Durant le début de la propagation du coronavirus partout dans le monde, la Tunisie était toujours dirigée par un gouvernement de transition, celui de Youssef Chahed, et un ministre de Santé intérimaire, Sonia Ben Cheikh. Au début du mois de janvier 2020, et après un long débat à l'ARP, le gouvernement de Habib Jemli est tombé et les débats et tractations sont relancés pour la constitution d'une nouvelle équipe gouvernementale. Ce n'est qu'à la fin du mois de février que le pays se dote d'un nouveau gouvernement, celui de Elyes Fakhfakh qui ne s'est pas encore mis pleinement au travail pour les raisons qui s'apparentent aujourd'hui à une lapalissade.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Premiers vers dans le Lièvre et la Tortue de La Fontaine, propres à éclairer notre lanterne. L'Etat a pris beaucoup de retard comme en témoigne ce passage trop rapide du premier au second puis au troisième stade au niveau des mesures prises contre la propagation du corona- virus. On ne sait pas de quoi de- main sera fait .C'est ce qui semble se dégager de l'entretien accordé par le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, avant-hier.

Entre-temps, le ministère de la Santé a lancé un appel aux médecins internes ayant effectué et parachevé leurs stages à fournir leurs services de soins dans le cadre du contrat de prestation de services. Une décision qui vise à renforcer les efforts dudit ministère en ces circonstances difficiles et dans le but de garantir la continuité des services médicaux dans les différentes structures hospitalières.

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