Congo-Brazzaville: COVID-19 - La sensibilisation s'intensifie

Maintenir allumée la flamme de l'espoir et faire confiance à l'expertise locale incarnée par les scientifiques congolais engagés dans la riposte contre le Covid-19, tel est, en substance, le message lancé en conférence de presse animée à Kinshasa, le vendredi 3 mars, par le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du gouvernement.

Conscient de la faiblesse de la sensibilisation dans l'application des mesures préventives égrenées par le chef de l'Etat dans son discours du 18 mars, Jolino Makelele a appelé à l'implication de tous dans la riposte contre le Covid-19. Il s'agit, a-t-il dit, d'un devoir citoyen et patriotique qui requiert, entre autres, l'apport des médias pour une réelle intériorisation des mesures barrières sans lesquelles le pays risquerait de sombrer. D'un revers de main, il a balayé les à-priori, les clichés et autres idées préconçues bâtis autour du Covid-19 souvent par ignorance.

Lors de ce point de presse auquel ont participé le Pr Jean Marie Kayembe de la cellule de riposte au Covid-19 et le colonel Bagaya (chargé des opérations à la Police nationale congolaise), le ministre Jolino Makelele a inventorié les mesures prises depuis la déclaration de la pandémie à Kinshasa en mettant une emphase sur l'instauration de l'état d'urgence, synonyme de restriction des libertés individuelles pourtant garanties dans la Constitution. Il fallait oser, même au prix de l'opprobre, pour mettre le virus mortel hors de portée des Congolais. Ce qui a été fait. De quoi rendre une fière chandelle au chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, qui a agi en vrai homme d'Etat, a-t-il indiqué, l'air admiratif.

Confinement, pourquoi ?

Le confinement, en tant qu'une des méthodes de lutte contre le coronavirus, est-il salutaire et opportun dans un espace cosmopolite de plusieurs millions d'âmes tel que Kinshasa ? La stratégie, à en croire le professeur, a fait ses preuves ailleurs dans les pays touchés, notamment en Espagne aujourd'hui en passe de recouvrer une certaine stabilité. En restant chez soi, a-t-il déclaré, l'on réduit le risque de multiplier les contacts et à propager le virus. Le Covid-19 n'ayant pas encore livré ses secrets et, surtout, en l'absence d'une thérapeutique appropriée, ce scientifique a conseillé l'observance stricte des mesures préventives pouvant aider à contenir l'épidémie. Et d'éveiller la conscience patriotique des leaders d'opinion dont le rôle social s'avère plus que déterminant en ce temps de crise sanitaire.

Parlant du confinement de quatorze jours décrété par l'autorité urbaine sur la commune de la Gombe, épicentre de l'épidémie à Kinshasa, cette période, a-t-il dit, sera mise à profit pour désinfecter les rues, les avenues, les immeubles, etc., tout en assurant le dépistage d'un grand nombre d'habitants. L'expérience pourrait être dupliquée dans d'autres communes avec le concours des zones de santé, a-t-il ajouté. Pendant ce temps, les cas présumés infectés parsemés dans les différentes communes feront tout aussi l'objet d'un suivi continu. Cependant, a-t-on fait remarquer, certains sujets ne présentant pas de manifestations graves, se font soigner à domicile. Une attitude que le professeur a jugé compréhensible, dès lors que 85% des cas liés à cette pathologie est bénigne. Tous les malades n'atteignant pas forcément le stade de complication respiratoire, il estime que certains peuvent bien se faire traiter à la maison sous surveillance médicale, vu la faible capacité d'accueil des hôpitaux en RDC.

Sur un autre registre, le doyen de la faculté de médecine à l'Université de Kinshasa s'est insurgé contre toute forme de stigmatisation dont sont souvent l'objet les personnes atteintes. D'où, d'ailleurs, la réticence de la Cellule technique à publier l'identité complète des personnes contaminées, question de parer à toute éventualité.

La police à la manœuvre

Le Pr Jean-Marie Kayembe a, par ailleurs, mis en garde tous les vendeurs d'illusions qui cherchent à tirer profit de cette basse conjoncture. Toutefois, a-t-il déclaré, le secrétariat technique est prêt à accueillir tout citoyen qui serait porteur d'une « panacée extraordinaire », quitte à convaincre par les évidences qu'impose tout travail scientifique. Et quid des respirateurs ? A l'en croire, en plus de la commande passée par le gouvernement pour suppléer aux équipements déjà disponibles (une cinquantaine à travers toute la République), des pourparlers seraient en cours avec des partenaires extérieurs disposés à contribuer au renforcement du système de santé congolais. Autre préoccupation soulevée : la Caisse nationale de solidarité. Là-dessus, le porte-parole du gouvernement a rassuré, quant à son opérationnalité imminente, le temps pour le chef de l'Etat de promulguer l'ordonnance y afférent.

Pour sa part, le responsable de la police a rassuré sur l'effectivité, à partir de lundi prochain, du confinement total de la commune de la Gombe. Le respect des consignes, a-t-il dit, sera de stricte application. Des patrouilles mixtes, pédestres et motorisées seront mises à contribution. « Il n'y aura pas d'entrée ni de sortie », a-t-il martelé. Outre les catégories des personnes autorisées à circuler dans cette juridiction en période de confinement en raison de leur statut socioprofessionnel, les autres devront soumettre leur requête à la cellule de crise installée à l'Hôtel de ville qui appréciera au cas par cas. Il a terminé par présenter la cartographie de la commune de la Gombe qui sera dorénavant répartie en trois pools disposant chacun des voies d'accès bien déterminés. Faute d'un vaccin salutaire, le plaidoyer du jour a donc été orienté essentiellement vers le respect strict des mesures barrières en attendant les jours meilleurs.

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