Madagascar: Cybercriminalité - Une journaliste en détention préventive

Arphine, plus connue sous son surnom Arp Helisoa, a passé sa nuit en détention provisoire auprès de la brigade criminelle, en attendant son déferrement qui est prévu aujourd'hui, à la première heure.

Le ministère public s'est saisi d'office de l'affaire à la suite d'une publication sur le site Web d'information www.gvalosoa.net. Il s'agit d'une photo de la concernée, posant devant l'Hôtel de Ville, avec une légende à caractère injurieux envers le chef de l'État. Elle n'a pas attendu longtemps la conséquence de ses actes. La journaliste a été convoquée par la division de lutte contre la cybercriminalité auprès de la police à Anosy. Après quelques tours d'horloge d'enquête, Arp Helisoa n'a pas été autorisée à rejoindre son foyer. De sources concordantes, le dossier ne concerne pas un délit de cybercriminalité mais plutôt une atteinte à la sûreté intérieure de l'État.

La présumée a nié en bloc les accusations à son encontre, en arguant que la mise en page du journal en question se fait par un technicien en programmation assisté par ordinateur (PAO) en France. Son erreur aurait été de ne pas avoir fait un démenti à temps. À son corps défendant, Arp Helisoa de préciser que le journal a décidé d'arrêter sa publication le 22 mars dernier.

« Depuis, je n'ai plus eu de correspondances avec le technicien en PAO. Je n'ai plus consulter le site Web [gvalosoa, ndlr]. Ce n'est que maintenant que j'ai appris qu'il y avait une publication insensée, et qui plus est avec ma photo » a-t-elle expliqué aux journalistes avant son enquête à la cybercriminalité. Des journalistes sont venus la réconforter. Les membres de l'Ordre professionnel des journalistes de Madagascar (OJM) l'ont assisté durant l'enquête préliminaire, suivant l'article 54 et autres portant sur le code de la communication médiatisée. Gérard Rakotonirina, président de l'OJM, trouve condamnable tout acte injurieux envers les personnages publics, surtout à l'encontre du chef de l'État.

Par ailleurs, il déplore le fait de mettre en détention préventive la concernée. « Elle a expliqué qu'elle a été victime d'un coup monté par le technicien en PAO. Et les preuves qu'elle a avancées sont en mesure de la décharger de cette accusation. Je pense plutôt qu'il est mieux de se concentrer sur la lutte contre le coronavirus et de se débarrasser de certains 'virus humains' qui ne cherchent qu'à emprisonner les autres en cette période de crise », a-t-il martelé. On en saura plus sur le sort de la journaliste ce jour.

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