Togo: COVID-19, couvre-feu et dérives policières au pays

Une force spéciale a été créée pour faire respecter le couvre-feu et l'état d'urgence décrétés dans la lutte contre le Covid-19. Mais, certains Togolais craignent des abus de la part des forces de l'ordre.

Pour faire respecter le couvre-feu et certaines mesures prises par les gouvernements dans la lutte contre le Covid-19, les forces de l'ordre n'hésitent pas souvent à utiliser la manière forte. Coups de matraque, coups de feu et humiliations de tous genres. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrant les abus commis par des éléments des forces de sécurité sur les populations civiles, ont suscité plusieurs réactions d'indignation dans des pays comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Kenya ou l'Ouganda.

Au Togo qui a connu le jeudi 2 avril 2020, sa première nuit de couvre-feu, des abus ont été également signalés. Célestin Agbogan, président de la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH), interpelle le gouvernement sur ces dérives. "Hier nuit, nous avons été informés de plusieurs cas de bavures policières de tous genres. Je crois qu'on n'a pas besoin de cela pour lutter contre une pandémie. Lorsqu'une mesure est annoncée et appliquée le lendemain, on peut estimer que certains ne soient pas encore informés", estime l'activiste des droits de l'homme.

Appliquer la loi

Pour Célestin Agbogan qui dénone donc les violences policières, " la loi prévoit la sanction à appliquer en cas de violation d'une mesure. Rien ne pourra justifier des coups de matraques et des violences sur des citoyens et la lutte contre la propagation du COVID19 ne doit donc pas se faire au détriment du respect des droits de l'homme", selon monsieur Agbogan.

Le gouvernement promet des sanctions

Le ministre de l'administration territoriale, Payadowa Boukpessi, se veut rassurant. Les forces de l'ordre, dit-il, ont reçu pour instruction de faire appliquer les mesures annoncées par le gouvernement dans le strict respect des droits de l'homme. "On a mis en place une force spéciale contre la pandémie. Cette force est instruite pour rester dans la légalité. Il n'est pas question d'abus quelconque. Il n'y aura pas d'abus. Nous appelons tout de même les Togolais à respecter les consignes qui sont données. Cela est dans l'intérêt de tous. Ne vous fier pas à ce que certains publient sur les réseaux sociaux sans investigation. S'il y a des abus, des sanctions seront prises" affirme Payadowa Boukpessi.

Pour faire appliquer le couvre-feu et l'état d'urgence sanitaire, le gouvernement togolais a créé une unité spéciale composée de 5.000 agents des forces de défense et de sécurité.

Outre le couvre-feu, le président Faure Gnassingbé, a également annoncé mercredi, une remise de peine à 1.048 détenus. Une mesure destinée à désengorger les prisons.

Plus de: DW

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