Congo-Kinshasa: Affaire incursion de Bakata Katanga - Le caucus de Députés et Sénateurs du Haut-Lomami pointe du doigt les forces de l'ordre

Dans leur déclaration faite devant la presse samedi 4 avril 2020, suite à des événements macabres, survenus samedi 28 mars 2020, dans différents milieux urbains et ruraux de la province du haut-Katanga, précisément à Lubumbashi, Likasi, Kasumbalesa, Pweto, Bunkeya, Tenke et Kakanda, les Députés nationaux et Sénateurs de la province du Haut Lomami ont pointé du doigt les services de sécurité.

Selon eux, les forces de l'ordre ont fait usage abusif et disproportionné de la force contre les manifestants, civils et inoffensifs au lieu de les encadrer, et éventuellement les déférer devant les instances compétentes. Dans cette déclaration lue par le Député national Gaspard Mutonkole, le caucus de Députés nationaux et Sénateurs de la province du Haut Lomami condamne "ce comportement qui méconnaît les valeurs humaines notamment, le droit à la vie et au traitement humain, protégées par la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Constitution de notre République", précise-t-il. Sur ce, il exige une enquête, indépendante et rigoureuse, en vue d'identifier les auteurs des actes répréhensibles et leurs commanditaires, d'établir leur responsabilité et de les sanctionner sévèrement.

Lisez, in extenso, la déclaration du caucus de Députés nationaux et sénateurs de la province du Haut-Lomami.

DECLARATION DU CAUCUS DES DEPUTES NATIONAUX ET SENATEURS DE LA PROVINCE DU HAUT-LOMAMI

Nous, députes nationaux et sénateurs de la province du Haut-Lomami, avons appris avec consternation les événements macabres, survenus le samedi 28 mars 2020, dans les différents milieux urbains et ruraux de la province du haut-Katanga, précisément à Lubumbashi, Likasi, Kasumbalesa, Pweto, bunkeya, tenke et kakanda.

Selon la version des faits donnée par les forces de l'ordre impliquées dans cette affaire, il s'agissait d'une opération visant à neutraliser un mouvement insurrectionnel, constitué de partisans de Gédéon Kyungu Mutanga.

Par contre, à la lumière des informations en notre possession, les forces de l'ordre étaient face aux manifestants civils, inoffensifs et facilement maîtrisables.

Au lieu d'encadrer cette manifestation, elles ont plutôt fait usage de la force disproportionnée, intentionnellement dirigée contre les manifestants.

Les sources concordantes indiquent au moins 40 personnes abattues, 22 grièvement blessées et une cinquantaine de personnes arrêtées.

Il convient de souligner que les forces de l'ordre ont délibérément et systématiquement abattu, à bout portant, les blessés qui, aux termes des conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels, bénéficient d'un traitement particulier, car n'étant plus nuisibles. Comme si cela ne suffisait pas, quelques manifestants, dont des femmes, ont été présentés nus et des cadavres exposés comme des objets sur la place publique.

Par ailleurs, il importe de rappeler que, les mêmes forces de l'ordre n'ont pas infligé le même traitement à quelques bandits armés, arrêtés et ayant commis des meurtres et des viols sur les Katangais et katangaises, au cours de l'année dernière. Alors que ceux-ci vivaient dans l'insécurité totale jamais connue au Katanga, et malgré les enquêtes exigées par les élus de toutes les provinces du Grand-Katanga, les forces de l'ordre n'ont pas affiché la même détermination, de l'usage musclé de la force, pour sécuriser et protéger les katangais.

Eu égard à ce qui précède, nous députés nationaux et sénateurs du Haut-Lomami déclarons ce qui suit:

Avons une pensée pieuse à l'égard des victimes et adressons nos condoléances les plus attristées aux familles éprouvées,

Les services de sécurité ont fait usage abusif et disproportionné de la force contre les manifestants, civils et inoffensifs au lieu de les encadrer, et éventuellement les déférer devant les instances compétentes,

Condamnons ce comportement qui méconnaît les valeurs humaines, notamment le droit à la vie et au traitement humain, protégées par la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Constitution de notre République;

N'accepterons plus jamais qu'un tel comportement, de nature à exterminer et à humilier les katangais et katangaises sur leur sol, se reproduise sous prétexte d'assurer la sécurité de l'Etat ;

Exigeons une enquête, indépendante et rigoureuse, en vue d'identifier les auteurs des actes répréhensibles et leurs commanditaires, d'établir leur responsabilité et de les sanctionner sévèrement;

Mettrons en œuvre tous les moyens constitutionnels afin d'établir les responsabilités politiques des personnes impliquées dans ce carnage.

Que Dieu protège la République démocratique du Congo, le Katanga et les

Katangais ;

Nous vous remercions.

Fait à Kinshasa, le 04 avril 2020

Les caucus de députés nationaux et sénateurs du Haut-Lomami Présents à Kinshasa

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