Burkina Faso: Coronavirus - Les confidences de deux patients guéris

Mme Barkissou Nikièma/Saliwo : « j'invite les gens à observer les mesures prises par le gouvernement pour endiguer la propagation du virus ».

Testés positifs au COVID-19 à la mi-mars, André Pouya, agent de santé à la chirurgie dentaire au CHU-Yalagado- Ouédraogo et Barkissou Nikièma/ Saliwou, institutrice, ont été internés à l'hôpital de Tengandogo, à Ouagadougou. Après une dizaine de jours, ils sont sortis guéris de la maladie.

Vendredi 3 avril 2020, 14 heures 30 au quartier Zone 1 de Ouagadougou, André Pouya, 45 ans, agent de santé à la chirurgie dentaire au CHU-Yalagado- Ouédraogo se repose sous la véranda, un masque de protection vissé sur le visage. Il fait partie des premiers malades du COVID-19 au Burkina Faso.

Après un séjour d'une dizaine de jours à l'hôpital de Tengandogo pour des soins, il est testé négatif. Depuis le dimanche 29 mars 2020, il est de retour dans sa famille et poursuit tranquillement sa convalescence. Tout commence le 15 mars 2020 lorsqu'il ressent les premiers signes de la maladie.

Une grande fatigue, des maux de tête et une petite fièvre. Il pense au paludisme et demande à son épouse de lui procurer un traitement antipaludéen. Mais le lendemain 16 mars, son mal empire, sa fièvre monte à 40° avec en plus des douleurs articulaires.

Très alité, il passe toute la journée dans sa chambre. Le 17 mars, fin du traitement anti-paludéen, mais M. Pouya continue de souffrir. Il achète une pommade balsamique pour se masser le corps. Le mal persistant, il a le réflexe d'appeler le 19 mars le service d'urgence mis en place dans le cadre de la riposte contre le coronavirus. Dans la soirée, une équipe médicale passe s'enquérir de son état de santé.

André Pouya, guéri du COVID-19 : « A part le contrôle de la tension et de la saturation, je n'ai pas pris de comprimé ».

Elle lui fait la promesse qu'une autre équipe viendra faire un prélèvement pour un test le lendemain 20 mars. Promesse tenue, André Pouya, sur les conseils d'un ami, prend de la vitamine C en attendant ses résultats. Le 22 mars, à 14 heures, il reçoit un appel. Il est positif au COVID-19. A 20 heures, une ambulance se présente chez lui et l'embarque pour le CHU de Tengandogo. Il y passe la nuit en compagnie d'autres patients. Le lendemain, il est transféré avec 23 autres malades dans une clinique réquisitionnée à l'occasion. Il y séjourne sous la surveillance du corps médical.

« On ne m'a pas donné un seul comprimé »

Chaque jour, matin et soir, on contrôle sa tension et sa saturation. « Je précise que depuis mon hospitalisation au CHU de Tengandogo jusqu'à la clinique les Genêts, on ne m'a pas donné un seul comprimé », précise André Pouya. Le 26 mars, on lui fait un second prélèvement. Et le 28 mars, il reçoit la bonne nouvelle. Il est désormais négatif au COVID-19. Depuis son retour chez lui, il dit se porter mieux. Le petit essoufflement qu'il ressentait après sa sortie de l'hôpital est passé. Toutefois, M . Pouya plaide pour un post-suivi parce qu'il a appris au gré de ses lectures qu'il y a des cas de rechutes dans certains pays.

« Je pense qu'il n'était pas de trop de nous faire un contrôle pulmonaire après notre sortie. Etant donné que la majorité d'entre nous avait des troubles respiratoires », déplore-t-il. A la question de savoir comment il aurait contracté le virus, André Pouya soutient que c'est probablement à son lieu de travail au contact d'un patient qu'il a pu être contaminé.

Et de préciser n'avoir pas été en contact avec le patient zéro du COVID-19 au Burkina Faso. Qu'en est-t-il des membres de sa famille ? « Jusqu'à présent, aucun membre de ma famille n'est malade. Ils ont été confinés. Mais j'avoue que c'est très difficile de se confiner dans nos maisonnettes-là », reconnaît ce père de deux enfants. M. Pouya doit rester chez lui jusqu'au 12 avril.

Malade après un enterrement

Mme Barkissou Nikièma/ Saliwou, institutrice de profession, âgée de 56 ans et mère de quatre enfants, est également guérie du COVID-19. Elle réside au quartier Wayalghin de Ouagadougou. Après 13 jours d'hospitalisation, elle regagne sa famille le 30 mars dernier. Depuis lors, sa convalescence se poursuit très bien. C'est le 10 mars après un enterrement qu'elle s'est mal sentie. Subitement étreinte par une toux, elle se rend au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de son quartier.

Elle y est gardée un moment pour des soins. Le lendemain matin, la toux reprend avec des difficultés respiratoires. Dans la soirée, elle commence à étouffer. Son frère médecin, de passage chez elle, décide qu'elle se rende immédiatement au CHU de Tengandogo. Elle aurait préféré le CHU-Yalgado, mais devant l'urgence, elle n'a pas le temps de protester. A son arrivée dans la nuit 11 mars, elle est prise en charge par le personnel soignant. On lui place des sérums. Le lendemain, elle se sent légèrement mieux. On lui fait une prise de sang et un prélèvement dans le nez et la gorge.

Trois jours après, les résultats attestent sa positivité au COVID-19. Entre-temps, on lui administre des antibiotiques, de la chloroquine et un autre comprimé dont elle a du mal à prononcer le nom. Après une semaine au CHU de Tengandogo, elle est transférée à la clinique les Genêts où elle passe six jours. Durant son hospitalisation, une équipe médicale est passée désinfecter toute sa maison. Son fils qui manifestait des signes de la maladie (fièvre et toux) a été finalement testé négatif.

Mme Nikièma confie que l'équipe médicale est en contact avec elle pour prendre les nouvelles de sa convalescence. Elle doit encore rester confinée chez elle jusqu'au 13 avril. Reconnaissante, elle salue le dévouement du personnel soignant au chevet des malades. « Je profite pour remercier le corps médical qui travaille d'arrache-pied tous les jours. Les équipes sont formidables.

Le personnel soignant s'est non seulement occupé de notre état physique mais aussi de celui mental. C'était réconfortant », témoigne la quinquagénaire. A ceux qui sont incrédules face au coronavirus, Mme Nikièma les invite à revoir leur position. La maladie existe bel et bien, elle fait très mal. Il n'est pas question de persister dans l'ignorance. Le simple fait de rester coupé de sa famille pendant plusieurs jours quand on est positif est une épreuve difficile. Elle demande à ses concitoyens de rester chez eux s'il n'y a vraiment pas la nécessité de sortir.

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